Après que deux débuts d'incendie, vite maîtrisés, ont éclaté samedi au centre, la préfecture a estimé dans un communiqué que ce «mouvement (avait) été incité de l'extérieur par une vingtaine de manifestants d'un collectif de soutien aux sans papiers». Le sinistre s'est produit lorsque «des retenus ont tenté de mettre le feu à des éléments de literie», a-t-elle précisé.
Les socialistes accusent
Mais ce sont surtout les politiques qui ont donné une tournure polémique à l'affaire. «La politique injuste du gouvernement crée des situations dangereuses tout à fait inacceptables, qui provoquent la révolte légitime des étrangers et de ceux qui défendent leurs droits», a ainsi jugé dimanche, Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS à l'égalité.
«Face à la multiplication des drames humains, il n'est plus possible de parler de cas isolés : la politique du chiffre menée par Brice Hortefeux est une chasse institutionnalisée aux étrangers», a-t-il affirmé.
L'UMP répond
Une accusation immédiatement dénoncée par l'UMP. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a ainsi estimé dimanche après-midi dans un communiqué que l'incendie dans ce centre est «à nouveau, comme lors de l'incendie du centre de Vincennes, le résultat de l'incitation à la violence par un collectif d'extrême gauche», ajoutant qu'«il y aurait pu y avoir des morts».
«Un parti démocratique comme le PS n'hésite pas à excuser ces actes en prenant la responsabilité de les justifier», poursuit l'élu des Hauts-de-Seine pour qui «c'est vraiment le signe que ce parti a perdu le sens de l'intérêt général».
Fin juin à Vincennes
Pour maintenir l'ordre, les gendarmes ont dû faire «sortir tout le monde des chambres» pour les «regrouper sur le terrain de foot», et ont fait «usage de gaz lacrymogène», selon un ressortissant sénégalais retenu au centre.
Fin juin, un autre centre de rétention administrative avait été incendié, ce qui avait provoqué une vive polémique sur la politique du gouvernement. Les retenus du CRA de Vincennes en colère avaient mis le feu aux bâtiments du centre au lendemain de la mort le 21 juin d'un retenu tunisien. Le CRA avait alors été partiellement détruit.