Air France ne volera plus vers Avignon

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Publié le 1 août 2008.

TRANSPORT - Jugée peu rentable, la ligne Avignon-Orly a été fermée jeudi par la compagnie aérienne. Cette décision suscite de vives réactions locales, mais l'aéroport s'est adapté pour survivre.

Une compagnie aérienne vous manque et c'est tout le tarmac de l'aéroport d'Avignon-Caumont qui semble dépeuplé. Le dernier vol d'Air France, jeudi, était programmé depuis mars 2008. La raison de la fermeture est simple: l'exploitation n'est pas assez rentable. «Ce n'est jamais de gaîté de coeur que la compagnie ferme une de ses lignes mais la situation n'était plus récupérable», explique à «La Provence» Hubert Auer, son représentant régional.

Air France a créé cette ligne en 1988. Les débuts sont prometteurs, la liaison fonctionne bien. Mais en 2001, la SNCF développe son réseau TGV et place Avignon à 2h40 seulement du centre de la capitale. Air France adapte ses tarifs et ses abonnements, mais rien à faire, l'usager préfère le train. L'avionneur avait fini par réduire ses rotations sur Orly de six à quatre par jour, et n'alignait plus que des appareils de 50 places.

75.000 passagers par an


«En mars dernier, ils nous ont expliqué que leur déficit annuel s'élevait à 3 millions d'euros et qu'ils arrêtaient les frais, précise Xavier Belleville, directeur général de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Vaucluse. Globalement, les lignes à moins de trois heures de TGV de Paris ne sont pas assez concurrentielles. Nous comprenons leurs raisons économiques, mais l'annonce a été très abrupte. Nous aurions préféré un désengagement progressif. Là, ce sont les 75.000 passagers annuels d'Air France qui sont pénalisés.» Et principalement les chefs d'entreprise locaux, qui appréciaient de pouvoir transporter du matériel par avion.

Les élus locaux sont particulièrement remontés. Dans «La Provence», Michel Vauzelle, président du Conseil Régional Provence-Alpes-Côtes d'Azur, propriétaire de l'aéroport, trouve «inadmissible de priver, au seul nom de la rentabilité, les habitants d'Avignon d'une liaison aérienne indispensable.» Alain Dufaut, sénateur du Vaucluse et conseiller général, pense que «cette fermeture signifiera la fin et la mort de l'aéroport.»

Les espoirs du low cost

Interrogé par 20minutes.fr, Xavier Belleville relativise. «Il y a trois ans, avec la communauté d'agglomération du Grand Avignon et le conseil général du Vaucluse, nous avons décidé d'adapter notre aéroport. Car derrière Air France, c'était le désert au niveau du trafic. Nous avons développé l'aviation touristique low cost. Et l'aviation d'affaires, car notre aéroport est propice aux jets et aux appareils privés.»

L'avenir passera ainsi par les compagnies Jet2.com, qui assure des liaisons à destination de Leeds et d'Edimbourg, et Flybe (lignes estivales avec Southampton ou Exeter). En 2007, pas moins de 15.000 passagers ont été transportés entre Southampton et la cité des papes, ce qui a généré 8 millions d'euros en retombées économiques locales. Tous les espoirs ne se sont donc pas envolés pour l'aéroport d'Avignon.
M. Gr.
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