FAIT DIVERS - D'après les analyses ADN des tâches de sang trouvées sur les lieux du crime, le meurtrier serait un homme...
Les enquêteurs tiennent-t-ils une empreinte génétique du meurtrier de Valentin? Jeudi, les analyses des traces de sang trouvées à Lagnieu ont permis d'isoler «une empreinte génétique inconnue de type masculin», a indiqué jeudi lors d'un point presse le procureur de la République de Bourg-en-Bresse. Selon lui, la piste familiale est «en l'état, écartée».
Jeudi dans la soirée, un jeune homme d'une vingtaine d'années habitant un appartement HLM à Lagnieu a été emmené par les gendarmes pour être entendu «comme témoin» dans l'enquête. Il a été relâché en fin de soirée. Selon des témoignages d'habitants de la résidence HLM, située à environ un kilomètre de l'endroit où
le corps de Valentin avait été découvert, une dizaine de gendarmes sont arrivés jeudi en fin d'après-midi et ont perquisitionné un logement au quatrième et dernier étage d'un des immeubles. Le point sur l’enquête.
Les faits
Alors que ses parents sont en instance de séparation, Valentin séjourne à Lagnieu, chez le nouveau compagnon de sa mère, depuis quelques jours. Lundi soir, il fait du vélo dans une rue peu passante, à une cinquantaine de mètres de la maison, dans le centre-ville. En fin de soirée, l’ami de sa mère s'aperçoit de son absence et se met à sa recherche avec des membres de sa famille. Ils retrouvent le corps du garçon vers minuit, sur le bas-côté de cette rue étroite. L'enfant présentait de multiples blessures sur le haut du corps.
Un suspect
Les voisins n’ont rien entendu de particulier ce soir-là. La police affirme ne pas avoir de suspect. Pourtant, un homme d'une cinquantaine d'années présentant «un comportement suspect» a été interpellé mercredi par les policiers d'Agen (Lot-et-Garonne) et placé en garde à vue.
L'intéressé était dans un bar mercredi soir et s'est blessé d'un coup de couteau dans le ventre, avant de tenir des propos incohérents sur le meurtre de Valentin,
selon «Le Figaro». «Pour l'instant il n'y a aucun lien avec cette affaire», précise la gendarmerie.
Mercredi, la maison des parents de Valentin, à Porcieu-Amblagnieu (Isère), a été
perquisitionnée par les gendarmes. Objectif: vérifier «si Valentin n'avait pas laissé un document pouvant éclairer les événements» de lundi soir. Les parents ont également été entendus comme témoins, «pour vérifier les emplois du temps». Les enquêteurs assurent en effet qu’aucune charge ne pèse sur eux. Ils ont également emporté la Peugeot 406 bleu foncé appartenant au père, dont les portes et le coffre avaient été scellés.
De même pour la Ford Puma gris clair de la mère. Selon le procureur de la République de Bourg-en-Bresse, Jean-Paul Gandolière, le contexte familial ne semblait pas tendu, malgré la séparation en cours des parents de Valentin. Jeudi, le procureur a déclaré que la piste familiale était écartée.
Les deux fils de l'homme qui hébergeait Valentin ont également été entendus.
Quelles pistes?
Après la thèse de l’attaque par un chien, puis celle d’un chauffard ou encore d’une chute accidentelle, les enquêteurs privilégient désormais la piste criminelle. Les plaies, attribuées au départ à des morsures de chien, sont en fait des coups de couteau, révèle l’autopsie pratiquée mardi. Une quarantaine en tout, principalement au cou et au thorax, mais aussi aux bras, laissant penser que Valentin s’est défendu. En revanche, rien ne permet pour le moment de dire si Valentin connaissait son meurtrier.
Empreinte génétique d'un homme
Le résultat des traces de sang, retrouvées mardi à Lagnieu, ont permis d'isoler «une empreinte génétique inconnue de type masculin» qui a été transmise au fichier national. Des traces prélevées sur la devanture d'une pharmacie, devant un bar, sur une gouttière et sur le trottoir. Soit sur plus d'un kilomètre et demi. «Soit il s'agit du sang de l'enfant, et on peut penser qu'il a été d'abord blessé ailleurs dans la ville, et qu'il est allé jusqu'à l'endroit où on l'a trouvé. Soit il s'agit du sang du meurtrier qui a été blessé pendant l'agression, et qui a laissé une trace en quittant la scène de crime», a expliqué une source proche de l'enquête à l’AFP. L’agresseur pourrait ainsi être confondu par son ADN.
Les enquêteurs vont «procéder à un certain nombre de prélèvements sur des personnes qui ont pu approcher l'enfant au cours de la journée et de la soirée» de sa mort, a poursuivi le procureur, précisant toutefois qu'il n'y aura pas de «prélèvement systématique sur la population de Lagnieu».
Sandrine Cochard