L'avis du médecin: «Les sportifs peuvent souffrir de la pollution»
Créé le 30.07.08 à 20h23
Mis à jour le 30.07.08 à 20h41
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JO2008 - Le docteur Claude Marblé, en charge des triathlètes français, dévoile à 20minutes.fr les précautions à suivre à Pékin...
Juste avant son départ pour Pékin, où il suivra les triathlètes de l’équipe de France, le docteur Claude Marblé livre à 20minutes.fr les précautions à prendre dans le contexte climatique hostile des Jeux.
Les autorités chinoises cherchent à réduire par tous les moyens la pollution dans la capitale. Quel risque sanitaire courent les athlètes?
Le principal problème, ce sont les troubles respiratoires. La pollution peut aggraver les troubles de certains sportifs qui ont des soucis au niveau des bronches. Comme tous les sports d’endurance, le triathlon entraîne une hyperventilation et donc, bien souvent, une inflammation des bronches.
Ce sont des symptômes similaires à l’asthme. Plusieurs des triathlètes de l’équipe de France sont dans ce cas. Ils peuvent vraiment souffrir de la pollution.
Vous avez préparé vos athlètes à ces conditions?
Evidemment, on ne peut pas les mettre dans un univers pollué pour qu’ils s’entraînement. A moins de respirer derrière le pot d’échappement d’une voiture… On a juste suivi de près ceux qui ont des antécédents d’asthme, en consultant des pneumologues. Sinon, sur place, ils vont porter des masques, histoire de se protéger.
Et pour résister à la chaleur et à l’humidité?
On a beaucoup travaillé sur les problèmes d’acclimatation. On sait que ces conditions rendent la performance difficile.
A Pékin, on est proche des 80% d’humidité et des 30 degrés. Il faut sept jours pour que l’organisme s’y habitue. On a prévu large en partant plus de dix jours avant. Auparavant, tous les triathlètes étaient en stage du côté de Montpellier, où il fait également très chaud, en ce moment.
Quels conseils leur donnez-vous pour l’entraînement?
A Pékin, ils ne devront pas se calfeutrer dans leur chambre en attendant la course. Il faut qu’ils sortent et qu’ils s’entraînent l’après-midi, quand il fait chaud. Mais bien souvent, la transpiration n’est pas assez efficace pour refroidir le corps. C’est pour cela qu’on leur a donné des gilets de froid. Ils les utilisent depuis le mois de mars, notamment à l’échauffement. C’est très efficace sur la peau pour compenser la perte en eau.
Et concernant l’alimentation?
On limite les compléments alimentaires, mais je leur donne des comprimés de sels, des acides aminés pour la récupération musculaire après un gros travail foncier. Le dernier mois a été très riche dans ce domaine. Et puis, comme toujours dans les sports d’endurance, beaucoup de sels minéraux et des vitamines.
Propos recueillis par R.S.
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