JUSTICE – Ses nouveaux avocats s'interrogent sur la possibilité d’une forme de complicité de la banque…
Et si la
Société générale avait été «complaisante» ou «complice» dans l’affaire Kerviel? C’est la question que se posent les nouveaux avocats du jeune trader qui n’ont pas caché ce mercredi leur stratégie de s’attaquer à la banque. Jérôme Kerviel, qui est soupçonné de falsifications ayant coûté 4,9 milliards d'euros à la Société générale, pourrait ainsi voir sa responsabilité amoindrie. Mais pour l’instant, l’enquête ne permet pas d’apporter de nouveaux éléments.
Bernard Benaïem, chef de file de la nouvelle équipe qui a pris en main début juillet la défense du trader a souhaité présenté la nouvelle stratégie de défense à quelques journalsites : «Au-delà de l'affaire Kerviel, Jérôme a le sentiment que tout n'a pas été dit, que l'affaire Société générale n'a pas commencé. Il faut savoir s'il y a eu de la part de la banque une complaisance, une ignorance fautive, une complicité par fourniture d'instructions, voire de moyens», s’est interrogé l’avocat. En somme, la banque aurait pu connaître ses agissements et éventuellement les couvrir.
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Une stratégie ambitieuse
Pour les avocats, l’opération est ambitieuse: il s’agira de guider l’enquête, après six mois d’investigations, là où ils veulent qu’elle aille…
Ainsi, ces derniers souhaitent comprendre dans quel contexte Jérôme Kerviel a commis ses actes. Quelles sont les limites fixées par la banque à ses traders? Elles seraient de 125 millions d’euros pour les huit traders du desk Delta One dont Jérôme Kerviel faisait partie, bien que cette limite ne soit pas formelle.
Les avocats s’interrogent également sur les 50 milliards d'euros de positions qu'avait Jérôme Kerviel sur les marchés lorsque l'affaire a été révélée fin janvier. Quelles ont été les conditions de vente? Ce «débouclage» a eu lieu pendant trois jours dans l’ombre, et il a conduit à 6,3 millards d’euros de pertes.
Beaucoup d’interrogations
Maître Caroline Wassermann, l'une des avocates, s’interroge aussi pourquoi la banque a voulu vendre aussi vite une telle somme. La Société générale justifie son geste en expliquant avoir été obligée par la loi bancaire de déboucler sur le champ ses positions… Elle l’aurait fait en secret avec l'accord de la Banque de France et l'Autorité des marchés financiers.
Si la stratégie des avocats de la défense fonctionne, le jeune homme de 31 ans pourrait ne pas avoir à payer à la Société générale des sommes astronomiques demandées en termes de dommages et intérêts.
V.Z avec Agence