Internet censuré pour les journalistes pendant les JO: le cœur du CIO balance

Publié le 30 juillet 2008.

JO - Quelle va être la réaction des autorités olympiques?...

Le CIO aux pieds de Pékin ou le CIO va-t-il reprendre les choses en main? Dans une interview exclusive au quotidien hongkongais «South China Morning Post», Kevan Gosper, président de la commission presse du CIO s’est excusé mercredi après-midi auprès des médias étrangers de les avoir induits en erreur sur la question de leur accès totalement libre à l’Internet lors des Jeux de Pékin.

 

«Nous fournirons un accès à l’Internet suffisant»

La polémique avait enflé dès mercredi matin, alors qu’un porte-parole du comité d’organisation des Jeux (Bocog) a affirmé que les journalistes étrangers n’auraient pas accès à certains sites internet. «Pendant les jeux Olympiques, nous fournirons un accès à l’Internet suffisant pour les journalistes, c’est ce que nous avions promis en 2001», a confirmé Sun Weide à 20minutes.fr. Mardi, des journalistes n’avaient pas réussi à accéder au site d’Amnesty International qui venait de mettre en ligne accusant Pékin de ne pas progresser sur les droits de l’homme.

«Si vous avez été induit en erreur par ce que je vous ai dit [ces derniers mois et ces dernières années] à propos d’un accès libre à l’Internet lors des Jeux, eh bien je m’en excuse, a confié au SCMP Kevan Gosper. Récemment, j’ai appris qu’il y avait des tractations entre le CIO et le Bocog sur le blocage de sites. (…) On a affaire à un pays communiste qui fait de la censure. On n’a que ce qu’ils nous disent qu’on peut avoir.»

«Vous êtes là pour des raisons politiques»

Pékin se couvre derrière une notion toute chinoise : par accès «suffisant», il faut entendre que les journalistes présents aux JO ont une totale liberté d’accès aux sites concernant… les JO. «Pour les autorités chinoises, il n’y a pas d’erreur, analyse Eric Sautedé, professeur de Sciences Politiques à l’université de Macao. Si vous êtes journaliste et que vous voulez accéder au site de Falungung, [la secte ennemie jurée de Pékin dont le site est bloqué, même au centre de presse olympique], c’est que vous n’êtes pas ici pour travailler sur les Jeux Olympiques, vous êtes là pour des raisons politiques.»

La ficelle est tout de même un peu grosse pour les médias étrangers, qui commencent à arriver en masse dans la capitale chinoise. Le CIO a compris qu’il en allait de sa crédibilité à neuf jours du coup d’envoi des Jeux. Mercredi soir, le service de presse de l’organisation confiait à 20minutes.fr qu’il existait une seule position officielle du CIO. «Le CIO a toujours encouragé les organisateurs de Beijing 2008 à offrir aux médias l'accès le plus complet possible pour couvrir les Jeux Olympiques, y compris les droits d'accès à Internet, explique-t-on là bas. Nous avons appris qu'il était difficile de consulter certains sites web, le CIO discute actuellement avec les organisateurs afin de voir ce qui doit être rectifié.»

Et vous qu'en pensez-vous? Quelle doit être la réponse du CIO? Et celle de la France?
De notre correspondante à Pékin, Caroline Dijkhuis
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