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Censure d'Internet en Chine: les associations désabusées, le gouvernement réfléchit...

Journalistes étrangers le 30 juillet 2008 dans une salle de presse du centre olympique à Pékin
Journalistes étrangers le 30 juillet 2008 dans une salle de presse du centre olympique à Pékin/Teh Eng Koon AFP

JO - Les journalistes n'auront pas accès à certains sites Internet pendant les JO. Comme tous les Chinois...

A la découverte de la Chine, le Comité international olympique tombe parfois de haut. Mardi, le directeur du service de presse du CIO, Kevan Gosper, affirme que les journalistes pourront faire leur travail à Pékin comme lors de n’importe quelle autre olympiade. Le lendemain, les autorités chinoises, malgré leurs promesses, annoncent tranquillement qu’Internet sera censuré pour les médias pendant toute la durée des JO. De quoi inquiéter les défenseurs des Droits de l’homme qui ne s’étonnent pourtant plus des revirements chinois.

«S’il se passe un gros événement en dehors des trois lieux où sont parqués les 20 000 journalistes accrédités pour les épreuves sportives, comment vont-ils en être informés?», se demande Clothilde Le Coz, responsable du bureau Internet et libertés à Reporters sans frontières (RSF) dont le site est bloqué par les autorités chinoises. En tout cas, pas sur le site de la BBC ou de Radio free asia, régulièrement bloqués par les autorités.

Le cabinet de Roselyne Bachelot et Bernard Laporte, qui se rendent à Pékin avec Nicolas Sarkozy, a exprimé sa grande préoccupation sur cette affaire mais attend pour le moment d’en savoir plus. Du côté de l'opposition, le député socialiste Pierre Moscovoci estime le choix des autorités chinoises «bizarre et pas très rassurant». Le Comité national olympique du sport français (CNOSF) n’a pas encore réagi.

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Promesses, promesses…

Malgré la censure qui s’exerce sur Internet en Chine, le BOCOG (comité d’organisation des Jo) avait promis depuis des mois que les journalistes (les étrangers seulement) auraient un accès libre à la toile durant les JO. Des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. «Le CIO a toujours eu une vision trop optimiste du régime chinois. Les JO auraient pourtant pu être un levier démocratique si le mouvement olympique s’en était servi. A l’approche de l’épreuve, nous avons au contraire l’impression que la situation des droits humains et de la liberté de la presse s’aggrave», explique Francis Perrin, ancien président d’Amnesty international, une ONG interdite de mission en Chine.

Le gouvernement de Pékin avait ainsi pris des directives administratives censées faciliter le travail des correspondants en poste en Chine. Depuis janvier 2007, le club des journalistes étrangers a repéré pas moins de 267 violations de ces mesures.

A la découverte des coutumes locales

Les journalistes vont donc découvrir pendant quinze jours le quotidien des internautes chinois soumis à la censure de ce média qui préoccupe le régime. «Internet terrorise les autorités chinoises. Il y a trois semaines, ils ont tenté d’étouffer une affaire de viol et de meurtre qui impliquerait un membre du Parti, ils ont été débordés par des sites clandestins d’information», rapporte Clothilde Le Coz

Après la tournée de la flamme olympique, cette nouvelle affaire ternit l’image d’une Chine qui depuis 2001 (année de l’attribution des JO) ne cesse de promouvoir une image pleine de bons sentiments de son rendez-vous avec l’histoire de l’olympisme. «Il aurait été plus habile de faire un effort pendant la durée des JO pour montrer un beau visage au monde. Mais pour faire une bonne communication, il faut toujours faire un minimum de concessions et sur les droits de l’homme, je pense que la Chine n’est pas prête», conclut Francis Perrin.


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Matthieu Goar
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