Premier recours juridique contre le fichier Edvige
Créé le 29.07.08 à 13h15
Mis à jour le 29.07.08 à 13h15
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POLICE - Un élu lyonnais a annoncé avoir déposé un recours devant le Conseil d'Etat...
Le fichier
Edvige n'en finit pas de mobiliser contre lui. Etienne Tête, adjoint au maire de Lyon et conseiller régional Verts en Rhône-Alpes a indiqué samedi avoir déposé mercredi dernier un recours devant le Conseil d'Etat afin d'obtenir l'annulation
du décret instaurant ce fichier policier.
«J'ai vu qu'il y avait une vraie contestation de ce décret. J'ai traduit l'inquiétude politique en termes juridiques», a affirmé ce mardi à l'AFP Etienne Tête, confirmant une information parue samedi dans «Libération».
Le recours fondé sur la législation européenne
Le recours de l'élu lyonnais se fonde essentiellement sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme - sur la vie privée - ainsi que sur un arrêt rendu en 2006 par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) contre la Suède. Selon cet arrêt, «un fichier n'est autorisé que sur des motifs de sécurité publique et ne doit comporter que des informations nécessaires concernant la sécurité publique», a précisé Etienne Tête.
Créé par un décret paru le 1er juillet au Journal officiel, ce fichier permet de recenser
dès 13 ans des personnes jugées «susceptibles de porter atteinte à l'ordre public» ainsi que des personnes exerçant ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique ou jouant un «rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif».
D'autres recours attendus
«Ce qui me scandalise, c'est que l'on puisse ficher tout le monde, ce n'est pas un fichier pour la sécurité publique», a estimé l'élu, critiquant «une lecture littérale du décret effrayante» qui concerne aussi bien les acteurs du monde politique que les représentants de la scène culturelle. «Sur toutes ces personnes, on peut enregistrer des tas de choses qui n'ont rien à voir avec leur fonction comme leur sexualité, leur fortune, leur voiture. Et le fichier s'étend à toute personne en contact», Etienne Tête.
Les syndicats FO et la CFDT avaient également annoncé mardi dernier le dépôt d'un recours auprès du Conseil d'Etat. Par ailleurs, cinq organisations (le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France, la Ligue des droits de l'Homme, la CGT, FSU et Solidaires ont annoncé leur intention de déposer également un recours.
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