REACTIONS - Les associations réagissent aux annonces de Rama Yade...
Les avis des associations spécialisées dans l'adoption étaient partagés ce lundi après
les annonces de la secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme.
Rama Yade a notamment annoncé dans la presse l'envoi dans les ambassades des pays d'adoption de «Peace Corps», jeunes volontaires français de l'Association française des volontaires du progrès (
AFVP).
«Une réponse parmi d'autres»
Interrogé par 20minutes.fr, Guy Mine, président de la
Fédération française des organismes autorisés pour l'adoption, estime que «c'est une réponse parmi de nombreux points à améliorer pour faciliter l'adoption. Mettre des ressources dédiées dans les postes diplomatiques des pays concernés, ça va dans le bon sens, ajoute-t-il. Surtout dans le cadre des adoptions individuelles.»
Une fois leur agrément obtenu auprès du Conseil général, plus de la moitié des parents adoptants ne passent pas par des organismes autorisés pour l'adoption (OAA), privés, mais entament des démarches seuls, directement auprès des orphelinats des pays d'adoption ou avec l'aide de
l'Agence française d'adoption.
«Ils pensent souvent, à tort, que cela va aller plus vite et leur coûter moins cher. Or, certains pays en profitent pour facturer des prix supplémentaires, alors qu'avec les OAA, il n'y a pas de mauvaises surprises», souligne Guy Mine. Et le président de la FFOAA d'émettre des réserves sur le fait que de jeunes étudiants s'occupent «sur une période assez courte» des questions d'adoption. «C'est une affaire de professionnels, il faut maîtriser toutes les ficelles du métier», estime-t-il.
«Une bonne aide à prendre»
«Le problème, c'est qu'il n'y a pas assez d'OAA en France, c'est pour cela que les parents se tournent vers la démarche individuelle», observe pour sa part Marie-Hélène Theurkauff, spécialiste de l'adoption internationale à l'association
Enfance et familles d'adoption.
Selon elle, «l'envoi de ces jeunes volontaires, qui ont tout de même bac + 5 et restent deux ans, est donc une bonne aide à prendre, afin que les familles puissent avoir un référent sur place». Par ailleurs, «des projets d'aide à l'enfance pourront être financés sur place par leur intermédiaire», rappelle-t-elle. «Des enfants privés de famille ne sont pas tous juridiquement adoptables. Il faut leur offrir un avenir à eux aussi.»
Catherine Fournier