Dans les mains, le volant d'une des RS6. Dans les oreilles, les Concertos Brandebourgeois.
Devant moi, la route vers la Méditerranée. A côté de moi, bémol, Taoufik et sa Nintendo DS … bip bip bip …c'est très irritant d'entendre Bach entrecoupé de bips électroniques.
L'itinéraire était le plus simple possible, N6 jusqu'au carrefour de la Croix de Villeroy, rejoindre la N104 jusqu'à l'A10 puis en avant toute vers le sud. Orléans, Bourges, Clermont, Perpignan, passage de la frontière au Perthus puis l'autopista qui longe la côte, Barcelone Tarragone, Valence et finalement Benidorm où, sur une petite plage à quelques kilomètres au sud nous devions rejoindre les "amis" venant du Maroc. En roulant bien, à peine dix à douze heures de route.
Le trajet avait été étudié pour faire un maximum d'autoroute, terrain de loin le plus pratique pour nos bolides. Les deux ouvreuses avaient pour tâche de passer par toutes les stations services et aires de repos afin de vérifier que la flicaille ne nous tende pas d'embuscade; avec le nombre de poucaves dans ce milieu de merde on ne sait jamais …
Ensuite, séparées de quelques centaines de mètres, venaient les quatre porteuses, roulant vite mais pas trop pour ne pas se faire repérer. Les suiveuses fermaient la marche à plus ou moins dix kilomètres de distance des porteuses. Les deux RS6 conduites par Mounir et moi-même, les deux meilleurs pilotes, n'étaient pas sensés jouer un rôle actif, à peine signaler une éventuelle mais peu probable filature. Cependant, en cas de coup dur, les suiveuses, seules à embarquer deux personnes à bord et à transporter des calibres, devaient apparaître et, selon la situation, soit embarquer les chauffeurs des autres voitures soit agir de manière … plus musclée. Les deux pistolets mitrailleurs HK sous les pieds de Taoufik étaient là pour en témoigner.
Régulièrement, les ouvreuses annonçaient que tout allait bien via les portables neufs équipés de puces achetées à un vendeur complaisant et peu regardant sur les pièces d'identité présentées du moment que le paiement s'effectuait en liquide et au dessus du prix affiché.
Je n'étais pas inquiet, l'aller ne présentait pas vraiment de dangers, et puis, c'était loin d'être le premier go-fast de ma carrière de "pilote de cité". Ce qui va se passer à partir du moment où nous toucherons la coke sera nettement plus problématique.
Sur l'A10, quelque part au nord d'Orléans, la Nintendo DS passa par la fenêtre …
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