ENVIRONNEMENT – La plage de la commune de Veules-Les-Roses (Seine Maritime) fait partie des 131 sites qui pourraient être interdits à la baignade en 2015. Interview de Jean-Claude Claire, le maire….
Selon une enquête dévoilée mercredi 2 juillet par l’association Surfrider Foundation Europe,une plage française sur dix pourrait
fermer à partir de 2015 en application des nouvelles normes européennes. Actuellement, une simulation considère que 131 plages sont trop polluées pour autoriser la baignade. En Haute-Normandie, dans le département de la Seine-Maritime,
Veules-Les Roses fait partie de cette liste noire. Interview de Jean-Claude Claire, maire de Veules-Les-Roses.
Comment avez-vous réagi à la publication de l’enquête de l’association Surfrider ?
L’association Surfrider est un peu extrémiste mais elle nous pousse à réagir. Nous avons également été avertis il y a un mois, par la
Ddass (Direction des affaires sanitaires et sociales) que notre plage n’était pas adaptée aux normes européennes de 2015. Pour nous, ce serait une catastrophe que notre plage ferme. On mise tout sur le tourisme. 60% de nos logements sont des résidences secondaires. C’est une épée de Damoclès que nous avons sur la tête. On s’active pour être aux normes.
D’où vient cette pollution et comment allez-vous remédier à ce problème ?
Elle vient de la station d’épuration qui se vide dans la mer. Elle a un système de traitement, par ultra-violet de moins en moins performant car les UV ne détruisent pas tout. C’est pour cette raison qu’en automne commencent les travaux d’un nouveau système d’épuration par «membranaire», le plus performant sur le marché. Cela ressemble à des «spaghettis» qui éliminent les bactéries et les petits virus. 1,7 million d’euros ont été mis sur la table. Les travaux sont réalisés sur la maîtrise de la communauté de commune, du département et de l’agence de l’eau.
Nous avons un autre problème à Veules-Les-Roses, c’est le fleuve (le plus petit de France ndlr). «Le Veule» coule entre les maisons et se jette directement dans la mer. La question est de savoir si les eaux sales des maisons bordant le fleuve ne s’y retrouvent pas. Nous faisons donc une recherche systématique dans les villas, en mettant du colorant dans les toilettes, pour voir s’il se retrouve dans le fleuve. On fait la guerre aux rejets sauvages!
Cela vous arrive-t-il de fermer la plage et vos baigneurs sont-ils informés sur la qualité de l’eau?
Nous fermons la plage en cas de gros orages. Car la rivière charrie des eaux chargées en matières fécales -des engrais des champs- et en insecticides. On affiche également les résultats des tests de la qualité de l’eau tous les jours, ils sont verts ou bleus dans les critères actuels mais ceux-ci se durcissent au fur et à mesure des années. On a eu l’année dernière un classement rouge, ce qui explique notre présence dans la liste des 131 plages.
Propos recueillis par Valérie Zoydo