DEFENSE – François Fillon la présente ce jeudi. Explications...
François Fillon doit dévoiler ce jeudi
la nouvelle carte militaire, qui redéfinit l’implantation des régiments sur le territoire français: certains seront fermés, d’autres seront déplacés… Ces restructurations ont été décidées dans le cadre
du livre blanc présenté le 17 juin par Nicolas Sarkozy , pour réduire les dépenses de l’Etat. Pour les villes concernées, cette perspective est d’autant moins réjouissante qu’elle s’ajoute aux 54.000 suppressions des 320.000 postes dans la Défense prévues par le livre blanc. Une situation délicate qui a repoussé à la fin du mois la présentation de la nouvelle carte prévue à l’origine le 3 juillet.
Possible dissolution d’une vingtaine de régiments
Pour l’instant, sur les 471 communes qui comptent une implantation militaire, une cinquantaine pourrait voir disparaître à terme la présence de l’armée. Au total, une vingtaine de
régiments ( il s’agit d’unités militaires regroupant plusieurs bataillons ou plusieurs compagnies) pourraient être dissous. L’armée de Terre serait la principale visée.
Les élus inquiets
Ces fermetures inquiètent donc les élus car elles influeront sur la vie des petits commerces, des cafés, qui vivaient de la présence des soldats et de leurs familles… Certains comme
le maire de Dieuze, menace de démissionner. Les élus de Mourmelon (Marne) devaient rencontrer ce mardi le ministre de la Défense Hervé Morin pour un dernier plaidoyer. Quant au maire de Cambrai François-Xavier Villain (DVD), il a distribué ce samedi avec d’autres élus 103 kilos de bêtises de Cambrai à un péage autoroutier avec le message: «Ne faites pas de bêtises, ne fermez pas la base (aérienne) de Cambrai.»
L’Est de la France particulièrement touché: une explication historique
Ces fermetures ou déplacements prévus seront particulièrement nombreuses dans un grand quart nord-est de la France. L’explication est historique: plus besoin du regard tourné de la France vers la «ligne bleue des Vosges» estiment les stratèges du Livre blanc de la Défense, selon France info. L’Allemagne n’est plus un ennemi dont il faudrait se protéger.
Bitche, Mourmelon, Reims, Cambrai, Reims, Cambrai…
En Alsace-Lorraine, Bitche risque de perdre son régiment d’artillerie. Une perte symbolique, puisque la ville est célèbre pour sa citadelle qui résista aux Prussiens en 1870.
Le camp de Mourmelon, site militaire depuis Jules César, devrait aussi réduire comme une peau de chagrin. Sont également menacées les bases aériennes de Reims et de Cambrai, le régiment de marche du Tchad de Noyon, l’artillerie de Marine de Laon, un régiment de transmission à Senlis et un autre de circulation routière à Arras.
… Mais aussi Bourg-saint-Maurice, Barcelonnette
Parmi les autres régiments emblématiques menacés, le bataillon de chasseurs alpins de Bourg-Saint-Maurice ou le Centre d’entraînement et d’instruction au combat en montagne de Barcelonette.
Le reste de la France n’est pas épargné: les élus et les habitants de Bretteville-sur-Odon, dans le Calvados, sont mobilisés contre le départ de leur régiment de transmissions.
320 millions d’euros de subventions d’investissement
Pour calmer les inquiétudes, François Fillon a déjà annoncé le 26 juin une enveloppe de «320 millions d’euros de subventions d’investissement» consacrés au soutien au financement des communes concernées. Le cabinet du ministre de la Défense, Hervé Morin, aurait au mois de juin déjà contacté plus de mille sociétés,
selon Le Figaro, en commençant par celles du CAC 40, pour les sensibiliser au potentiel humain et foncier dégagé par la Défense.
V.Z