Go fast: La "grande affaire"

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Publié le 9 août 2008.

ROMAN DE L'ETE - Lisez le quatrième épisode de l'aventure écrite par Marc Wilhem...

- C'est vraiment une affiche de merde ! Avait pesté Mounir.

On m'a toujours fait chier pour le choix de l'affiche. Je m'explique: quand on a décidé de décorer les murs du foyer de la cité afin d'égayer cette petite pièce triste peuplée de trois misérables baby-foot, on a opté pour des affiches de films. Afin d'éviter les embrouilles, chacun devait en ramener une et personne ne devait trouver à redire au choix de l'intéressé. Résultat: sept versions de l'affiche de Scarface, cinq du Parrain, deux de Fast and Furious et une de Tous les matins du Monde!

 

Et c'est pile devant cette affiche, mon affiche, que Mounir prit la parole:

- Ok avec les cent mille "empruntés" aux pakos ajouté à nos cent cinquante mille venant de la vente de shit plus la participation de nos associés marocains; on arrive à la somme convenue. On peut partir après demain vers le Maroc. Anis, tu es sûr que ton enfoiré de cousin ne va pas essayer de nous niquer ?

Rachid, mon cousin, avait été un des mecs les plus respectés de la cité; mais, sur un deal d'armes avec des Serbes (de vrais fous furieux d'ailleurs), il s'était fait serrer et s'était allongé en GAV* comme la dernière des poucaves. Non seulement il avait perdu toute sa crédibilité, mais, pour éviter toute rencontre fâcheuse avec ses ex-partenaires en affaire, il était vite reparti au bled.

C'est sans doute pour reconquérir un peu de crédit qu'il m'avait contacté pour nous proposer cette "grande affaire". Depuis que les Américains surveillent au plus près leurs frontières, les routes de la cocaïne ont changées. De plus en plus de poudre passe par l'Afrique. Rachid était entré en contact avec des Nigérians qui lui proposaient deux tonnes de CC**. livrées dans la région du Rif contre du cash et du shit qu'ils feraient repartir directement dans la zone Caraïbes où la résine de cannabis se vendait comme des petits pains. A nous de faire entrer la coke en France. La thune maintenant réunie, les voitures volées, replaquées et regroupées dans des boxes hors de la cité; il n'y avait plus qu'à se mettre en route. A à peu près huit mille euros le kilo à l'achat et au moins trente mille à la revente, les bénéfices promettaient d'être monstrueux.

 

Au vu de la quantité à remonter, on avait opté pour quatre porteuses, deux ouvreuses et deux suiveuses. Il avait été décidé de se passer de X5 ou ML, ces rutilants 4X4 attiraient un peu trop l'attention des flics. Pour les ouvreuses, deux nerveuses, un coupé Z4 et une SLK. Pour les porteuses, deux discrètes C5 V6 et deux 607 V6. Ces berlines avaient l'avantage d'être équipées de suspensions permettant de supporter plus de 500 kg sans que cela se voie de l'extérieur. En suiveuses deux puissants breaks RS6 prêts à récupérer tout le monde en cas de pépin. Le plus gros go-fast de l'histoire était en place !

- T'inquiètes Mounir, on peut faire confiance à Rachid.

Ca, j'aurais aimé en être aussi sûr que je m’efforçais de le laisser paraître.

Lire la suite: En route, en cliquant ici


* Garde à vue.
** Cocaïne.
Marc Wilhem
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