SERVICE PUBLIC – Ils craignent «le désengagement de l'Etat». Réactions...
Le contrat de service public 2008-2012, signé ce mardi entre la Poste et l'Etat, a suscité de vives réactions chez les syndicats qui craignent un désengagement de l’Etat. Le Président de La Poste, Jean-Paul Bailly, a d'ailleurs annoncé qu'il présenterait dès la rentrée à l'Etat le projet de changement de statut de l'établissement public. A terme une ouverture de 10% à 20% de son capital est envisagée. La CGT promet une action nationale unitaire à la rentrée «contre la privatisation». Réactions.
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Le financement du service postal universel
La CGT s'inquiète notamment pour le service postal universel. «Comment sera financée la péréquation tarifaire des différents services postaux sur tout le territoire dans un contexte où le gouvernement veut imposer la libéralisation totale des activités postales en 2009?», s’interroge-t-elle. Le syndicat dénonce aussi le «désengagement de l'Etat» dans la distribution de la presse quotidienne, qui «coûte à La Poste près de 500 millions d'euros par an».
La CGT s'inquiète également pour l'accessibilité bancaire, «alors que la banalisation du livret A est annoncée pour la fin de l'année et des centaines de bureaux de poste de proximité sont supprimés». De même, le syndicat regrette que «déjà 5.000 bureaux de poste ont été transformés en points de contact (agences postales à charge des collectivités locales, ou points de vente chez les commerçants, ndlr)».
«Un abandon» et «faux semblant»
Pour la fédération Force Ouvrière de la communication, il s’agit d’un «abandon» et d’un «faux-semblant». Ce contrat de service public consacre «le recul de la tutelle publique et le refus du gouvernement d'assumer sa juste part du financement des missions dévolues à l'opérateur historique», ajoute FO.
Le syndicat rappelle par ailleurs que le contrat «omet de désigner qui s'acquittera et à quelle hauteur des surcoûts structurels liés au service public postal».
Une fragilisation des missions de service public
Quant à Sud-PTT, ce contrat ne rassure pas. «Quand on regarde le texte dans le détail, il s'agit plutôt d'une fragilisation des missions de service public», dénonce Régis Blanchot le délégué du syndicat majoritaire. «Par exemple, la Poste doit garantir l'accessibilité bancaire mais rien ne l'oblige à proposer le livret A dans toutes ses agences», ajoute-t-il.
V.Z avec Agence