ENVIRONNEMENT - Areva assume sa responsabilité dans les deux incidents de Tricastin et Romans. Interview de Charles Hufnagel, le porte-parole d’Areva...
Ce vendredi matin, Areva a reconnu, dans un communiqué de presse, qu’une opération d’entretien avait permis de découvrir un
défaut sur une canalisation du site du groupe à Romans-sur-Isère. Celle-ci relie un atelier de fabrication de combustible à une station de traitement.
Si l'incident a provoqué une fuite radioactive, celle-ci n’a eu aucun impact sur l’environnement, selon le dispositif de surveillance. Cet incident intervient dix jours après
l’incident du site de Socatri à Tricastin, une autre filiale d’Areva. Interview de Charles Hufnagel, porte-parole d’Areva
>> Pour connaître la position de Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau «Sortir du nucléaire, cliquez ici.
A dix jours d’intervalle, deux incidents impliquent des filiales d’Areva, comment réagissez-vous?
Il ne faut pas tomber dans la psychose. Même la Criirad qui est anti-nucléaire a relativisé l’impact de ces événements. L’incident de Romans est mineur. Il reste, comme l’a précisé
Jean-Louis Borloo, «de niveau 1», c’est-à-dire qu’il relève de l’anomalie, sans risque pour les populations ou l’environnement. Notre exigence de transparence nous amène à communiquer sur ces incidents, même quand ils sont sans gravité. Concernant l’incident de Tricastin, on ne peut pas nous reprocher notre manque de transparence. Celle-ci a d’ailleurs été reconnue par les acteurs du débat.
L’entreprise Areva est-elle responsable?
Nous assumons la responsabilité de ces incidents. De plus, nous avons sans doute sous-estimé l’impact émotionnel qu’ils pouvaient avoir sur la population. Nous aurions dû être davantage pédagogiques. A Tricastin, comme à Romans, il ne s’agit pas d’une centrale nucléaire, mais bien d’une station de traitement. Nous aurions dû également davantage insister sur l’absence de risques sanitaires: nous avons été trop techniques.
Vous évoquez des erreurs de communication, mais sur l’événement en lui-même, y-a-t-il des erreurs en interne?
Ce sont des anomalies propres à la vie de toute installation industrielle. La spécificité du nucléaire, c’est de relever et d’analyser les moindres écarts, en vue de progresser et de rendre compte. Ce type d’écarts, il y en a une centaine par an en France. J’insiste, il s’agit d’incidents mineurs.
Pourtant des matières radioactives sont manipulées. Ne devez-vous pas tendre vers le «zéro faute»?
Le risque zéro n’existe évidemment pas, mais nous plaçons au-dessus de tout, notre culture de sûreté. Tenir compte de toutes les anomalies fait partie de notre politique de sécurité. Lors du bilan annuel de nos activités industrielles, la sûreté est notre premier critère: on ne peut pas se permettre de sacrifier cette dernière, ce serait contre notre intérêt.
Appliquez-vous ces exigences de sûreté à vos filiales et à vos sous-traitants?
Nous contrôlons nos filiales avec la même rigueur que nous nous contrôlons nous-mêmes. Idem pour les sous-traitants. Notre inspection générale et notre audit interne se chargent de cette tâche.
Et l’inspection générale de sûreté est-elle, elle-même, contrôlée?
In fine, le contrôle revient toujours à l’Etat, c’est-à-dire à l’Autorité de sécurité du nucléaire.
Quel est alors le degré de normalité selon l’ASN, puisqu’une législation autorise de rejeter de la radioactivité sous forme gazeuse ou liquide?
La réglementation nationale française est une des plus exigeantes d’Europe. Certes, elle autorise comme ailleurs, des rejets de radioactivité, mais les quantités demeurent au plus bas. Quant à l’industrie française, elle est réputée comme étant l’une des plus sûres au monde.
Valérie Zoydo