RADIOACTIVITE - Stéphane Lhomme, porte-parole parole du réseau «Sortir du nucléaire» réagit à la fuite radioactive sur le site de Romans-sur-Isère…
Des rejets d'effluents radioactifs «sans impact sur l'environnement» ont été constatés ce vendredi dans une usine exploitée par une filiale d'Areva à Romans-sur-Isère (Drôme) à la suite d'une rupture de canalisation. Et ce, dix jours après l'incident de l'usine de Socatri à Tricastin. Interview de Stéphane Lhomme, porte-parole parole du réseau «Sortir du nucléaire».
>> La réponse d'Areva à venir...
Après l’accident de Tricastin survenu il y a dix jours, c’est la loi des séries ? Les deux incidents sont-ils comparables?
Celui de Romans-sur-Isère semble pour l’instant moins grave. Nous ne sommes pas surpris de ce genre d’événements. Certes, les centrales nucléaires sont les plus dangereuses. Mais le reste du temps, ce sont ce genre d’usines de la filière nucléaire qui commettent le plus d’erreurs. Car elles manipulent sans arrêt des matières radioactives. Cela a été le cas pour l’usine de Malvesi près de Narbonne, qui dépend aussi d’Areva. A plusieurs reprises il y a eu des coulées de boues radioactives en dehors du site en très grandes quantités. Mais seule la presse quotidienne régionale en a parlé. L’événement de Socrati à Tricastin a contribué à réveiller l’opinion sur l’ensemble du problème.
Ces incidents sont-ils de plus en plus fréquents, ou en parle-t-on davantage?
Toutes ces usines sont très anciennes, parfois dépassées…Cela occasionne des incidents sans que les gens ne soient au courant. Mais sur l’usine Socrati (Tricastin), la gravité était telle que les responsables n’ont pas pu faire comme d’habitude en cachant l’affaire. Cela explique pourquoi l’information a mis autant de temps à être divulguée.
L’Etat doit-il redoubler de surveillance?
Les centrales nucléaires ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Leur fonctionnement exige une chaîne d’activités prises en charge par différentes usines sous-traitées. Toutes manipulent beaucoup de produits chimiques et radioactifs qui multiplient le risque d’incidents. Effectivement, il faut redoubler la surveillance, mais la seule façon de régler les problèmes seraient de fermer ces usines. Il y a par ailleurs une vraie hypocrisie de la part de l’Etat: il existe des autorisations officielles pour rejeter de la radioactivité sous forme gazeuse ou liquide. C’est pour cela que bon nombre d’usines se situent près des rivières.
Pourtant l’Etat a saisi le Haut-Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISC), qu’en pensez-vous ?
Il dépend de l’Etat. Y résident des représentants d’Areva, d’EDF et des députés pro-nucléaires… Logiquement les organisation anti-nucléaires comme Greenpeace ou le réseau «sortir du nucléaire» ne veulent pas y siéger…Le Haut Comité est là en réalité pour favoriser l’opacité.
Propos recueillis par Valérie Zoydo