POLITIQUE - François Hollande critique sur son blog la présidentialisation du régime et François Bayrou dénonce les «marchandages» du chef de l’Etat…
Malgré les ultimes
gestes de Nicolas Sarkozy mercredi pour désamorcer les critiques de l'opposition sur la réforme des institutions, l’opposition n’a pas été convaincue. Si
la voie du Congrès du Parlement est désormais ouverte après le vote du Sénat cette nuit, le suspense demeure. Car une majorité des 3/5e des suffrages exprimés est requise. Dans un communiqué commun - fait rare - les numéros uns PS, PCF et Verts ont affirmé que leurs parlementaires voteraient contre un projet qui «accentue la présidentialisation» du régime. «Aucune disposition ne vient renforcer les pouvoirs du Parlement», regrettent-ils.
« C’est le fait du prince »
Une présidentialisation du régime que dénonce d’ailleurs François Hollande sur
son blog. Il y raconte qu’il a été reçu par Nicolas Sarkozy à l’Elysée mercredi, afin d’entendre les nouvelles propositions du chef de l’Etat sur la réforme des institutions. Déçu, le premier secrétaire du PS ne cache pas son intention de voter contre la réforme. «La méthode même de Nicolas Sarkozy révèle le contenu de sa réforme. C’est le fait du prince» écrit-il. Et de poursuivre : «C’est lui qui décide ce que peut être la réponse de l’opposition et son temps de parole. C’est lui qui décide dans un entretien au Monde ce que seront les futurs règlements intérieurs de chacune des assemblées. C’est lui qui fixe le seuil qui permet à un groupe parlementaire d’exister, tout cela pour permettre une tractation avec le PRG. C’est lui qui fait la réponse qu’il n’a pas encore reçu du Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, réduit maintenant au rôle de factotum. C’est lui qui va nommer d’ailleurs bientôt le Président de France Télévisions, à quoi bon garder des autorités intermédiaires ?»
Et au PS, François Hollande n’est pas le seul à rejeter la réforme. Même Manuel Valls, qui faisait partie des 17 députés PS ayant signé un appel en faveur de la réforme fin mai, a regretté des «manœuvres» de la majorité et dénoncé «un vrai gâchis».
«Faux semblant»
François Bayrou, le président du Modem partage cette position et a dénoncé ce jeudi matin sur RTL, les «marchandages» de Nicolas Sarkozy pour obtenir l'assentiment de la gauche à son projet de réforme constitutionnelle. Déclarant qu’il ne voterait pas «ce faux semblant», il a estimé qu'«on aurait dû mettre autour de la table les grands courants du pays en regardant ce que sont les problèmes fondamentaux» et modifier la loi électorale pour que tous les partis puissent être représentés au Parlement.
Une dizaine d'élus UMP toujours rétifs
La clé du vote de la réforme ne réside toutefois pas qu'à gauche et au centre : une dizaine d'élus UMP semblaient toujours rétifs alors que mardi, Nicolas Sarkozy avait réuni les députés de son parti à l'Elysée pour les mobiliser. Ce Congrès, selon Jean-François Copé, se jouera à «quatre voix près».
V.Z