Go fast: braquage

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Publié le 9 août 2008.

ROMAN DE L'ETE - Lisez le second épisode de l'aventure écrite par Marc Wilhem...

J'ai toujours ressenti de l'aversion pour Djamel. Dès la maternelle je l'ai trouvé lâche et pleurnichard et le fait de savoir que la sécurité de notre opération repose sur lui me rend très nerveux.

 

Pour notre "grande affaire" dont nous parlions entre nous depuis plusieurs semaines, il nous fallait des fonds, en grande quantité et rapidement. Mounir, notre chef - bon moi je ne suis pas trop dans le trip de "chef", en fait on n'a pas de chef ou de leader mais bon, à l'école Mounir était celui qui tapait le plus fort et il était pas trop con alors, en définitive, il était un peu notre chef -. Donc Mounir a eu l'idée de se faire la station Shell de Chènnevières sur Marne au début, on a tous gueulé, il ne devait pas y avoir plus de quelques centaines d'euros dans cette petite station de merde paumée sur la RN4. On a changé d'avis quand il nous a expliqué que les pakos* qui tenaient la station servaient de banquiers communautaires. Selon ses infos, tous les samedis soirs, il y avait plusieurs dizaines de milliers d'euros qui nous attendaient gentiment dans le coffre.

 

Le plan était simple, pendant que Mounir et Rafik braquaient la station, je devais attendre dans une Audi piquée le matin même et replaquée en doublette, prêt à mettre en %u0153uvre mes qualités de conduite. Point faible, monté sur un T-Max, cette nullité de Djamel faisait office de chouffe** sur la nationale avec pour fonction de donner l'alerte en cas d'apparition de schmidts***.

 

Ca y est, la station est vide de tout client %u2026 je sors de mon stationnement et entre en trombe dans la station %u2026 je pile à l'entrée %u2026 Rafik sort et pose des cônes de Lübeck devant l'accès faisant ainsi penser à une fermeture temporaire. Dans mon rétro, je le vois qui nous rejoint en courrant devant la boutique de la station. Mounir est déjà dedans en train de menacer le Pakos et, soyons honnête, de lui en foutre plein la gueule. Rafik entre à son tour dans la boutique. Je commence à être un poil tendu et ma cagoule me gratte toute la face.

 

A l'intérieur tout à l'air de bien se passer. Rafik utilise un Glock qui a de la gueule mais, comme toujours, Mounir s'obstine à utiliser son petit Ruger chromé qui, à mon humble avis, fait plus fiotte qu'autre chose. Un soir où l'on avait tous trop bédav****, Rafik lui avait demandé pourquoi il se baladait avec le gun de sa petite s%u0153ur. La cicatrice portée depuis par ce dernier sur le cuir chevelu était un petit souvenir de la réponse de Mounir.

 

De mon côté, j'ai les yeux fixés sur le T-max de Djamel guettant un éventuel appel de phare, signal de présence de volaille sur la nationale.

- C'est bon refrè, on a la caillasse, démarre %u2026 démarre !

Je viens à peine d'entendre les doux ordres de Mounir et les portières se refermer. Je me prépare à dégage, quand je remarque le phare du scoot s'allumer et s'éteindre à deux reprises avant de voir cette petite merde de Djamel mettre les gaz et décamper.

 

La situation était claire: on se retrouve seuls et les flics sont là !

Lire la suite : Poursuite, en cliquant ici.

* Pakistanais (appliqué à tous les Pakistanais, Indiens et Tamouls).

** Guetteur.
***Policiers.
**** Fumer.
Marc Wilhem
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