Espionnage industriel: perquisition au magazine «Auto Plus»

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Publié le 16 juillet 2008.

INVESTIGATION - Une dizaine de policiers accompagnés d'une juge d'instruction ont perquisitionné les locaux de 9h à près de 13h...

Une perquisition, faisant suite à une plainte pour espionnage industriel déposée par Renault, a été menée mardi dans les locaux du magazine «Auto Plus». Un journaliste de la rédaction, qui a été interpellé mardi matin à son domicile, a été placé en garde à vue. Il devrait être présenté, jeudi, au parquet de Versailles en vue d'une éventuelle mise en examen, selon l’AFP.

On a appris mardi soir qu'un salarié de Renault avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire vendredi dernier par un juge d'instruction de Versailles, étant soupçonné d'être l'informateur du magazine Auto Plus. La dizaine de policiers, accompagnés d'une juge d'instruction, qui ont perquisitionné les locaux du journal mardi venait donc chercher des preuves. «Et d'autres noms concernant d'autres fuites de chez Renault», précise un journaliste de la rédaction d'«Auto Plus» à 20minutes.fr.

Un article de juillet 2007

Les policiers ont saisi des ordinateurs, des disques durs ainsi que des photos. Ils sont partis des locaux d'«Auto Plus» vers 17h15, emportant le journaliste en garde à vue avec eux. La plainte ne concerne pas les photos volées de la Mégane 3, comme le pensaient les journalistes du magazine, puisque la plainte a été déposée en juillet 2007. On ne sait pas encore pour quelle voiture.

«Ce genre de photos volées est très courant dans les magazines automobiles: elles sont la plupart du temps proposées par des employés des constructeurs, qui prennent en douce des clichés», explique un journaliste d'«Auto Plus».

«C'est devenu un sujet très sensible chez les constructeurs»

«Mais c'est la première fois en 20 ans qu'il y a une perquisition à "Auto Plus", alors qu'on publie des photos volées depuis le début. C'est devenu un sujet très sensible chez les constructeurs qui font tout en interne pour savoir d'où viennent les fuites», conclut la journaliste.

«Cette action de justice fait suite à une plainte que Renault a déposée le 17 juillet 2007 auprès du Parquet de Versailles, suite à une parution de photos de véhicule confidentiel, et pour les textes et propos qui avaient été publiés en même temps que les photos», a expliqué à l'AFP une porte-parole de Renault.

L'action menée est «l'aboutissement de tout un travail du parquet de Versailles», a-t-elle poursuivi, en soulignant qu'il y avait eu également «une enquête en interne chez Renault auprès des équipes et des fournisseurs».

Une première pour la presse automobile

Ils «ont saisi des ordinateurs, des disques durs ainsi que des photos», a indiqué le directeur de la rédaction Laurent Chiapello. Ils ont aussi effectué des copies de plusieurs disques durs. Selon lui, ils s'agit d'une première non seulement dans l'histoire du journal, «et, à ce que je sais, dans l'histoire de la presse automobile», a-t-il ajouté.

Une première qui n'a pas manqué de faire réagir, le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la section journaliste de Force ouvrière (FO), dans des communqiués distincts Le SNJ a jugé «intolérable que les journalistes soient traités comme des criminels alors qu'ils exercent simplement leur profession d'informer». Le SNJ-FO a «protesté solennellement» contre «cette intrusion et cette interpellation».
V.G.
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