NUCLEAIRE – Des analyses ont révélé des taux d'uranium encore très supérieurs à la normale…
Huit jours après
une fuite accidentelle d'uranium sur le site nucléaire du Tricastin, un taux d'uranium suspect, et encore inexpliqué, a été relevé à proximité de l'usine de traitement de la Socatri, dans le Vaucluse, selon le journal «
Le Monde».
Alors que le taux d’uranium revenait doucement à la normale, jeudi, de nouveaux prélèvements réalisés à divers endroits de la nappe phréatique ont révélé une radioactivité persistante du site. Sur un point de prélèvement situé à deux kilomètres de la Socatri, la teneur en uranium a grimpé à 64 µg/l après la fuite du 7 juillet avant de stagner à 36,6 µg/l, le 13 juillet.
Une autre fuite?
Pour la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (
CRIIRAD), l’explication est simple. «Ça veut dire qu'il y a des événements antérieurs (des pollutions) qui n'ont pas été rendus publics, qui n'ont pas fait l'objet de contre-mesures, de prévention, d'information de la population», a déclaré Roland Desbordes, son président, sur France Info, mardi. Si c'était le cas, ce serait «grave (…) car ça voudrait dire qu'on nous cache des choses». Une hypothèse réfutée par Catherine Dalverny, responsable de la communication du site. «Tout accident signifie une déclaration à l'
Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et une communication auprès des préfectures», a-t-elle assuré mardi soir à 20minutes.fr avant de préciser que «non», elle n'avait pas entendu parler d'un autre accident.
Quant à la cuve à l'origine de la fuite, elle ne sera pas redémarrée: «Elle aurait dû s'arrêter d'ici quelques semaines pour une rénovation avec l'installation de nouvelles cuves, a-t-elle ajouté. Des travaux d'un montant de 13 millions d'euros votés en 2005.»
De son côté, l'
Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) mène «des investigations» pour vérifier la présence d'une pollution antérieure. Mais «il n'y a pas lieu de s'alarmer, on cherche l'explication», a expliqué Jean-Christophe Gariel, directeur adjoint de l'environnement sur France Info. Selon un bilan publié vendredi par l'IRSN, la surveillance devait être poursuivie notamment sur trois points de la nappe phréatique où des valeurs supérieures à la normale ont été observées, avec «des variations de concentration en uranium (qui) ne peuvent pas être expliquées par le rejet accidentel».
Mesures de précautions prolongées
Les mesures de précaution prises par les préfectures de la Drôme et du Vaucluse restent donc en vigueur mardi affirme la préfecture du Vaucluse. Huit jours après l'incident, survenu dans la nuit du 7 au 8 juillet, les autorités restent en contact avec l'IRSN ainsi que l'ASN. Les restrictions concernant la pêche, la baignade et les activités nautiques demeurent inchangées.
Vendredi, l’ASN avait imposé l’arrêt d'une de ses deux stations de traitement sur le site du Tricastin, estimant qu'elle n'était toujours pas sûre. Dans un r
apport accablant, l'ASN constatait en effet une «série de dysfonctionnements et de négligences humaines» dans la gestion de l'incident.
Sa C