La garden-party est une fête de plus en plus select. Le nombre d'invités fond avec les années. En 2006, Jacques Chirac avait réuni 8.000 personnes dans les jardins de l'Elysée. L'année suivante, Nicolas Sarkozy n'avait envoyé que 6.000 cartons d'invitations. Cette année, économies obligent, seules 5.000 personnes ont pu pénétrer dans la résidence présidentielle pour ce
14-juillet ambiance «ex-otages» avec la présence d'Ingrid Betancourt et de l'équipage du Ponant.
Si les personnalités ont le droit de rentrer par la Cour d'Honneur de l'Elysée, les anonymes sont priés de rentrer par
l'arrière du jardin avenue de Marigny. Et c'est la grande bousculade, il faut attendre plus d'une heure pour rentrer alors quelques esprits s'échauffent. Il faut balancer des bouteilles d'eau aux belligérants piégés par le soleil assommant du milieu du journée.
Ambiance de kermesse
Accompagnés par la musique d'une fanfare militaire, les privilégiés qui ont pu rentrer peuvent passer de stands en stands pour goûter les petits fours et le champagne de l'Elysée. Vu de loin, ces jardins présidentiels noirs de monde évoquent presque l'ambiance de kermesse d'un village-étape du Tour de France.
Mais au Tour de France, niveau people, on croise rarement plus que Bernard Hinault. Les jardins de l'Elysée sont autrement mieux fournis: David Douillet, Patrick de Carolis, Jack Lang, Jean Sarkozy, Etienne Mougeotte, Kad Merad, Hugues Auffray, Marie-Claude Pietragalla et même Régine.
Comment passer le temps?
Heureusement que les stars défilent et qu'on peut s'adonner aux joies du name-dropping car on s'ennuie ferme à la garden-party. Au-delà du discours présidentiel, les activités y sont rares: manger, boire, se prélasser au bord de la jolie fontaine ou déguster du café sur un stand sponsorisé par une grande marque de torréfacteurs. Les tireuses à bière sont boudées par les invités: «La bière, c'est pas un peu vulgaire ?», se demande un anonyme.
L'ennui s'estompe enfin quand entrent en scène les stars de la journée, le couple présidentiel et Ingrid Betancourt pour le traditionnel discours sur le perron de l'Elysée. Cela faisait une heure que les «fans» s’étaient placés devant les barrières pour être au premier rang et guetter l'apparition de sainte Ingrid.