EDUCATION - Il y en aura trois en Ile-de-France et sept en province...
Le panorama des grandes universités françaises de demain comprendra trois pôles en Ile-de-France et sept en province, mais aucun dans le nord ni en Bretagne, selon le choix établi dans le cadre du Plan Campus pour créer des universités de taille mondiale.
En deux étapes, fin mai et
ce vendredi, un comité d'évaluation a choisi dix projets qui bénéficieront du placement de 5 milliards d'euros, selon l'Etat pour un plan de rénovation immobilière, promesse de campagne de Nicolas Sarkozy.
39 universités au total
Les 10 pôles universitaires et de recherche choisis sont «Paris intra-muros» (le seul dont les contours sont encore à définir), «Condorcet-Aubervilliers» (nord de Paris), «Campus de Saclay» (sud de Paris),
Bordeaux, Toulouse, Lyon, Montpellier, Strasbourg, Grenoble et
Aix-Marseille. Ils impliquent au total 39 universités (sur 85), 37 écoles, tous les grands organismes de recherche, 650.000 étudiants et 21.000 chercheurs publiants.
Alors que le premier tour avait uniquement sélectionné des universités de province, le second a permis de clarifier l'avenir des universités parisiennes.
Au nord de Paris figurera «un pôle d'excellence des sciences sociales» devant être «à la hauteur du passé français» en ce domaine et former «les héritiers» de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss, du géographe Fernand Braudel ou du sociologue Alain Touraine, a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse lors d'un point de presse. Ce campus «Condorcet Paris-Aubervilliers», le seul encore à construire, en Seine-Saint-Denis, comprendra notamment Paris I, VIII, XIII et l'EHESS.
Le «MIT» à la française
Au sud de Paris, dans un triangle entre Saclay, Gif-sur-Yvette et Massy, se regroupera un pôle scientifique (mathématiques, physique, économie) de niveau mondial, composé de 21 établissements parmi les plus prestigieux de France dont Orsay, Polytechnique, HEC, Centrale ou le Commissariat à l'énergie atomique. Ce sera la «grande cité scientifique dont on rêvait depuis si longtemps» mais dont le projet avançait jusqu'alors «à vitesse d'escargot», s'est réjoui Valérie Pécresse, ex-députée de Saclay. Certains l'appellent déjà le «MIT» à la française, en référence au Massachusetts Institute of Technology américain.
Enfin, la ministre a déclaré qu'elle souhaitait créer avec les universités du cœur de Paris «le Quartier Latin du 21e siècle» et les conditions d'une véritable vie étudiante qui manquent actuellement. Cependant, si une partie du financement été «réservée» à ces universités, elle ne sera «attribuée» qu'à l'issue d'une mission d'audit en cours, sans doute «à l'automne», pour démêler l'écheveau immobilier de Descartes, Pierre et Marie Curie, Assas, les Sorbonne, Normale Sup ou encore le Collège de France.
Déception et regrets dans le nord
Ces choix ont fait des heureux - le président PS de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon et le conseil général de Seine-Saint-Denis s'en sont réjouis - mais aussi des déçus, en particulier les élus nordistes, nombreux à exprimer «regret» et «déception».
Les organisations étudiantes ont elles déploré que «les inégalités se creusent entre universités» (
Unef) et que «les villes moyennes» soient «laissées pour compte» (
Fage).
Valérie Pécresse a néanmoins promis de soutenir dans le futur les projets qualifiés de «prometteurs» (Lille, Nancy-Metz, Paris-Est, campus numérique de Bretagne, Nantes, Nice-Sofia Antipolis, Clermont-Ferrand) et «innovants» (Valenciennes, Le Havre, Cergy, Dijon).
Avec agence