« Je ne me cache pas, je fais en sorte de faire partie de la relève. » Benoist Apparu, député UMP de la Marne, que l'on a beaucoup vu sur le dossier des 35 heures, n'est pas du genre à dissimuler ses ambitions. Ça tombe bien, à l'UMP, on cherche de nouvelles têtes à mettre en avant. En effet, la défaite aux élections municipales a révélé un trou générationnel, beaucoup de « jeunes » - les Bertrand, Wauquiez, Yade et Kosciusko-Morizet - étant aux affaires.
Dans les travées de l'Assemblée, plusieurs noms reviennent et des visages sont de plus en plus présents, ceux de Benoist Apparu, Franck Riester, Bruno Le Maire ou encore Valérie Boyer. Des noms qui ne sont pas sortis d'un chapeau ou d'une chapelle, contrairement à ce qui a pu se pratiquer ces dernières années. « Moi, je ne fais pas de la politique pour les petites phrases, assure Valérie Boyer, députée de Marseille. Je ne m'intéresse qu'aux dossiers. » Benoist Apparu note aussi des changements : « Ce qu'il y a de différent avec nous, c'est que personne n'appartient à une écurie en particulier. Et l'espace politique est plus large, il y a moins d'intermédiaires, de chapelles, de courants. » Au sein de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire générale adjointe, cherche à leur créer un espace : « Il faut mettre un terme aux mouvements qui ont tendance à la cooptation, il faut privilégier la confrontation d'idées pour faire émerger une nouvelle génération qui va s'emparer des sujets de société de demain. Je veux mettre en place cet écosystème qui fera en sorte qu'ils puissent s'épanouir, et que nous retrouvions la culture du débat. Ce qui nous permettra aussi d'avoir de nouveaux adhérents aux profils différents. »
Reste la question de la liberté par rapport au gouvernement quand on commence à se montrer dans les médias. Benoist Apparu, là-aussi, parle cash : « Je suis pro-Juppé, je ne suis pas sarkozyste. Mais il faut reconnaître que si le Président réussit, nous aussi. »