Qu'avez-vous voulu dire dans cet album?
Je ne pense pas trop à mes albums quand je les fais. Ce n'est que lorsque j'en parle que j'y pense. C'est beaucoup plus flou qu'on ne le croit, c'est davantage du ressenti. J'ai du mal à expliquer ce que je ne pense pas.
Du fait de votre statut de femme publique et avec cet album très intime, on a l'impression de tout savoir de vous...
Ah oui? Je ne me révèle pas énormément. Je fais avec ce qui me vient... Déjà, ça me vient, c'est un miracle! D'ailleurs, ça me vient de plus en plus avec l'âge.
L'âge ou le temps qui passe sont des thèmes récurrents de l'album...
L'envie de vivre est mon obsession. Quel est le sens de la vie? Si c'est seulement le temps qui passe, alors là c'est déprimant. Ce qui m'interpelle en ce moment en tant qu'auteur, c'est le sens et les non-sens de la vie. Le temps est un non-sens de la vie, pour moi. Et pourtant c'est le seul...
>>> Pour lire notre critique de l'album de Carla Bruni, cliquez ici...
>>> Et pour écouter l'album, cliquez là...
Ce discours tranche avec la tonalité joyeuse de vos chansons. Vous préférez exprimer le bonheur plutôt que le désespoir?
J'exprime un peu les deux, sans sensiblerie, mais avec sensibilité.
Mais sans pudeur?
C'est toujours ainsi que j'ai écrit. Je ne peux pas changer la seule manière que je connais de faire mon métier. Je ne suis pas un génie, moi. Si j'en étais un, j'aurais peut-être mille manières d'écrire et de dire ce que je pense. Moi, je n'en ai qu'une: écrire ce que je ressens.
Si vos musiques sont gaies, les textes, eux, sont plus sombres...
Ça, c'est l'âge! J'ai changé, j'ai peur de certaines choses. Mais l'art permet de sublimer ça. L'art peut faire des choses contre ce dont on ne peut rien.
L'enregistrement du disque a été plutôt rapide. Vous n'aimez pas trop que ça traîne?
J'aime y aller! Je suis perfectionniste, mais à ma petite manière... Bosseuse dans un boulot de cocagne. Je ne prends pas mes chansons au sérieux, j'aime la malice. Je ne me prends pas au sérieux, mais je fais tout très sérieusement.
Attachez-vous de l'importance au fait que cet album ait du succès ou non?
Je me sens déjà très chanceuse de pouvoir faire des albums. J'ai beaucoup d'amis, plus doués que moi, qui ne le peuvent pas à cause de la crise du disque.
Parlez-vous de la défense de la culture avec votre mari?
Je n'en ai pas besoin, il en tient compte de lui-même. Mais il doit déjà tenir compte de tellement d'autres choses, notamment le réel.
Ce pourrait être votre rôle, non?
Défendre la culture est une chose à laquelle j'aimerais participer... Mais en tant qu'artiste. Je n'ai aucune capacité, ni velléité politique.
Quel impact a votre statut de première dame de France dans votre approche artistique?
L'impact est indéniable, mais ce n'est pas la partie sur laquelle je me concentre parce qu'elle me dépasse et m'échappe complètement.
Mais votre statut change la perception que l'on a de vos chansons. On sait que l'amoureux du titre L'Amoureuse, c'est Nicolas Sarkozy...
Bien plus qu'une chanson sur moi amoureuse - ce qui est un fait -, c'est une chanson sur les amoureuses et les amoureux en général. Elle décrit l'exaltation délirante que l'on connaît alors. L'amoureuse, c'est moi aussi, mais là n'est pas toute l'affaire.
Chanterez-vous lors de la garden-party de l'Elysée, le 14 Juillet?
Non, je ne fais pas d'amalgame entre les deux mondes. Je me sentirais bizarre de faire ça. Pourtant, j'adore chanter pour mon mari.