L'extradition de Marina Petrella: «Des débats pas très rationnels en Italie»

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Publié le 9 juillet 2008.

BRIGADES ROUGES - Opinion publique désintéressée et scène politique populiste...

Entretien avec Gianni Cipriani, journaliste, auteur du livre «Les brigades rouges, la menace du nouveau terrorisme» et expert auprès de la commission parlementaire italienne sur le terrorisme.


Que pense l’opinion publique italienne de l’extradition de Marina Petrella?

Il faut distinguer deux choses. L’Italien moyen ne s’intéresse pas trop à cela, notamment parce que ce sont des choses qui remontent à trente ou quarante ans. Je ne crois pas que la nouvelle de l’extradition de Marina Petrella ne revête un intérêt particulier pour l’opinion publique italienne. Toutefois, certaines personnes plus informées se préoccupent de la situation des Italiens à l’étranger. Pour eux, le fait que les anciens criminels ne soient pas extradés, c’est une offense pour la justice italienne. Il y a aussi quelques associations qui ont été créées en mémoire aux victimes des brigades rouges qui sont très actives et alimentent un certain battage médiatique. Le fait que Sarkozy demande à Berlusconi la grâce de Petrella n’est pas très bien vu. Ou on laisse la justice italienne s’en charger ou bien il s’agit d’une histoire entre présidents…

Quelle est la réaction de la gauche italienne?

Quasiment toute la classe politique italienne de droite comme de gauche a fait pression sur la France pour l’extradition des anciens brigadistes. Même si l’opinion publique ne se sent pas véritablement concernée, cela reste un instrument de propagande populaire. Il faut comprendre que les débats politiques ne sont pas très rationnels ici en Italie. C’est un peu comme aux Etats-Unis lorsqu’il est question de peine de mort. Il n’y a qu’une toute petite partie de l’extrême gauche – ce qui représente très peu de personnes – qui pense que juger des personnes plus de 30 ans après s’apparente à une vendetta.

Quel est l’héritage des brigades en Italie?

L’opinion publique italienne a été choquée en 1999 par l’assassinat de Massimo D’Antona par des personnes qui se réclamaient des Brigades Rouges. Mais je ne crois pas que des personnes comme Marina Petrella ou Cesare Battisti n’aient quoi que ce soit à voir avec ces nouvelles brigades rouges. Aujourd’hui, les brigades rouges ne concernent qu’un tout petit groupe de personnes. Mais l’histoire continue de fasciner les gens. Il reste des passages obscurs, il n’y pas de vérité. Depuis trente ans, on dit beaucoup de choses. Ca explique notamment pourquoi il y a tant de films sur le sujet depuis quelques années.

Pour lire l'analyse de notre avocat blogueur, cliquez ici.
Propos recueillis par Julien Debove
Pour retrouver notre dossier consacré à l'extradition de Marina Petrella, cliquez ici.
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