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Bernard Debré: «Nous sommes une dizaine de parlementaires UMP décidés à voter contre la réforme des institutions»

Bernard Debré, le 20 mars 2006 à Paris
Bernard Debré, le 20 mars 2006 à Paris/Pierre Andrieu AFP

INTERVIEW - Le député UMP se refuse toujours en l'état à voter le projet de loi...

François Fillon l'a confirmé ce mardi: le Congrès (réunion à Versailles des députés et des sénateurs dans le même hémicycle) sera convoqué le 21 juillet pour voter le projet de loi sur la réforme des institutions. Il doit obtenir la majorité des 3/5 des parlementaires. Or pour l'instant, avec l'opposition de la gauche (le PS a décidé ce mardi de voter contre) - et les réticences de la droite le compte n'y est pas.

Selon le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjan, la réforme des institutions se jouera à quatre ou cinq voix près. Cela veut dire que des parlementaires de la majorité qui désapprouvaient la réforme la voteront finalement?

Je ne sais pas comment Patrick Devedjian fait ses comptes, mais nous sommes une dizaine de parlementaires UMP à ne pas avoir changé d'avis, décidés à voter contre la réforme. Nous avons constaté des avancées mais le compte n'y est pas.

Ces parlementaires sont-ils essentiellement des chiraquiens?

Non, on ne peut pas me dire ça, je suis sarkozyste depuis 2004! J'étais dans le gouvernement Balladur, je ne suis pas un chiraquien historique. Je ne suis pas non plus le gardien du temple, comme on me le dit parfois, sous prétexte que mon père a joué un rôle très important dans la rédaction de la constitution. Mais je n'approuve pas la réforme.

Quels articles vous gênent?
La présence du Président devant le congrès me choque, la limitation des amendements affaiblirait le rôle des députés, permettre à un ministre de retouver automatiquement son siège de député est inutile et dangereux pour la stabilité du gouvernement. Je suis très opposé à la suppression de l'article 49-3 (qui permet l'adoption d'une loi sans débat et sans vote ndlr), qui est extrêmement important pour la stabilité de l'action gouvernementale. Je suis aussi opposé à la création de douze sièges de députés des français de l'étranger. On sait que les français de l'étrangers vont d'un pays à l'autre, et votent souvent dans une circonscription en France. Quant à l'inscription dans la Constitution de l'existence d'une opposition et d'une majorité, je la trouve vexante. Comme si nous étions aujourd'hui dans une république bananière!

Sur quels points allez-vous négocier?
Nous devons discuter longuement de tout cela lors des débats parlementaires d'ici la fin de la semaine, je ne suis pas achetable contre l'abandon de deux ou trois articles.
Recueilli par Stéphane Colineau
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