ENVIRONNEMENT — Les pays industrialisés s'engagent à réduire de moitié les émissions de CO2. Interview de Didier Hauglustaine, climatologue.
Réunis à Toyako au Japon, à l’occasion du
sommet du G8, les dirigeants des pays les plus industrialisés se sont accordé ce mardi sur la nécessité de réduire «d’au moins 50%» d’ici 2050 les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Interview de Didier Hauglustaine, climatologue.
>> Retrouvez notre dossier sur le réchauffement
Les dirigeants du G8 sont parvenus mardi à se mettre d’accord sur une réduction «d’au moins 50%» d’ici 2050 des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Est-ce une réelle avancée?
C’est une avancée puisque le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) préconise de diviser de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Aujourd’hui nous en libérons 7 milliards de tonnes par an soit environ 1 tonne par habitant, il faudrait atteindre l’objectif d’une demi-tonne par habitant.
Mais il faut éviter l’emballement quant à cette déclaration du G8 : cela demeure une mission globale qui doit s’appliquer à tous les pays. Pour l’instant, cette décision n’a été prise que par les pays les plus riches, certes les plus gros pollueurs depuis le début de l’ère industrielle.
Les Etats-Unis refusaient jusqu’à présent de s’engager tant que les grands pays émergents, dont la Chine et l’Inde, n’étaient pas soumis à des contraintes équivalentes. La Chine va-t-elle s’investir?
Lors de la conférence mondiale sur le climat à Bali en 2007, la Chine s’était jointe aux discussions et elle est invitée ce mercredi au G8. L’enjeu est majeur puisque, avec plus d’un milliard d’habitants, la Chine va émettre plus de CO2 que les Etats-Unis. Gardons en tête que les Chinois émettent en revanche seulement une demi-tonne de carbone par an et par habitant, qu’un Européen en émet 3 fois plus et un Américain 6 fois plus.
L’Union européenne vise une diminution de ses émissions de 20% au moins d’ici 2020. L’objectif de 2050 fixé par le G8, n’est-ce pas trop tard?
L’idéal aurait été que cet objectif de 2020 se généralise… Les Etats-Unis n’ont pas voulu fixer d’échéances à moyen terme d’ici à 2050 car ils veulent d’abord un engagement de la Chine et de l’Inde. Les pays émergents demandent, quant à eux, une aide financière des pays riches pour investir dans la production d’énergie propre, les centrales propres… Le risque, c’est que rien ne se passe. Même si l’Europe veut aller plus loin dans le cadre de son paquet «énergie-climat», les choses évoluent lentement.
Quelle est la prochaine étape après le G8?
La prochaine étape sera la Conférence Internationale de l’ONU sur le Changement Climatique: le Conseil du Climat de Copenhague en décembre 2009. Cette étape sera plus importante que celle du G8, puisque les pays émergents seront présents.
Recueilli par Valérie Zoydo