Pas de grève des petites phrases chez Sarkozy

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Publié le 7 juillet 2008.

Ce sont quelques mots qui pourraient rester dans les mémoires. « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit, » a lancé Nicolas Sarkozy, samedi lors du conseil national de l'UMP. Cette sentence a provoqué les applaudissements des cadres du parti. Elle a aussi suscité un tollé dans les rangs syndicaux. Pour Jean-Claude Mailly (FO), Nicolas Sarkozy a eu « un mot de trop », vu le « réel mécontentement des salariés ». Selon Jacques Voisin (CFTC), le chef de l'Etat risque d'« attiser les conflits », au moment où les syndicats font preuve d'une « attitude très responsable » pour les éviter. Christian Mahieux (SUD-Rail) n'est pas plus amène avec le Président : « Ces déclarations relèvent de la méthode Coué et de la provocation. S'il est vrai que la loi sur le service minimum dans les transports rend plus difficile l'organisation des mouvements, il est faux de dire que ça se passe mieux pour les usagers. »

Il n'empêche qu'en mai et juin, les grèves n'ont pas eu le succès espéré par les syndicats. Christian Mahieux en convient. « En multipliant les journées d'action, on a épuisé les forces militantes. Mieux vaudrait entamer un mouvement interprofessionnel long. »

Gérad Aschieri (FSU) juge lui aussi « désolants » et « faux » les propos du Président. Pour autant, le leader syndical enseignant remarque que le taux de grévistes dans le pays chute « depuis plusieurs années », notamment dans le privé. « Mais d'autres formes de protestation, localisées et dures, se développent : des occupations, des menaces de jeter des produits toxiques dans une rivière... On ne peut pas dire que le climat social est apaisé. »

Stéphane Colineau - ©2008 20 minutes
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