Chérèque: «Sarkozy a une vision archaïque du syndicalisme»

Publié le 7 juillet 2008.

POLITIQUE - Les leaders syndicats ne décolèrent pas après la sortie du Président...

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque rejoint la liste des leaders syndicaux outrés par les propos de Nicolas Sarkozy, samedi. «Le président de la République a une vision très archaïque du syndicalisme (...) Notre objectif est d'amener des résultats, ce n'est pas la grève, la grève est le moyen ultime», a-t-il déclaré dimanche soir à Nouméa, sur Télé Nouvelle-Calédonie (RFO).

Et d’ajouter: «Mesurer l'efficacité d'un gouvernement au nombre de grèves correspond a une vision archaïque du dialogue social. Je crois que le président de la République doit encore progresser dans sa vision du syndicalisme».

Tollé

Car la phrase du chef de l'Etat pourrait rester dans les mémoires. «Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit», a lancé Nicolas Sarkozy, samedi lors du conseil national de l'UMP. Cette sentence provoqué les applaudissements des 2.000 cadres du parti.

Elle a aussi suscité un tollé dans les rangs syndicaux. Pour Jean-Claude Mailly (FO), Nicolas Sarkozy a eu «un mot de trop», vu le «réel mécontentement des salariés». Selon Jacques Voisin (CFTC), le chef de l'Etat risque d' «attiser les conflits», au moment où les syndicats feraient preuve d'une «attitude très responsable» pour les éviter. Nicolas Sarkozy «joue avec le feu» prévient Maryse Dumas, l'une des secrétaires confédérales de la CGT, pour qui ces déclarations ne sont qu’«une opération diversion» face à l'insuccès de sa politique.

Christian Mahieux (SUD-Rail), n'est pas plus amène avec le président. «Ces déclarations relèvent de la méthode Coué et de la provocation. S'il est vrai que la loi sur le service minimum dans les transports rend plus difficile l'organisation des mouvements mais, il est faux de dire que ça se passe mieux pour les usagers.»

Mobilisations décevantes

Il n'empêche qu'en mai et juin, les grèves n'ont pas eu le succès espéré par les syndicats. Christian Mahieux en convient. «En multipliant les journées d'action on a épuisé les forces militantes. Mieux vaudrait entamer un mouvement interprofessionnel long.»

Gérad Aschieri (FSU) juge lui aussi «désolants» et «faux», les propos du président. Pour autant, le leader syndical enseignant remarque que le taux de grévistes dans le pays chute «depuis plusieurs années», notamment dans le privé. «Mais d'autres formes de protestation, localisées et dures, se développent: des occupations, des menaces de jeter des produits toxiques dans une rivière... On ne peut pas dire que le climat social est apaisé.»

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Stéphane Colineau
PS Julien Dray a ironisé sur les déclarations «infantiles», qui «donnent toute la mesure de la manière dont il conçoit le dialogue social». Selon le porte-parole du PS, «comme on dit dans les cours de récréation: rira bien qui rira le dernier».
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