Programmes du primaire et de maternelle: pourquoi une telle crispation?

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Publié le 25 août 2008.

EDUCATION – La mobilisation s'est poursuivie malgré les vacances…

C’est bientôt la fin des vacances en primaire et maternelle, pas la fin de la mobilisation. Une journée d’action estprévue dès le 2 septembre. Pourquoi une telle crispation? 20minutes.fr fait le point sur ce qui pose problème.

Qui a élaboré les programmes?

Si le contenu des programmes semble être le principal motif de colère, les conditions dans lesquelles ils ont été élaborés questionnent aussi parents d’élèves et enseignants. «On ne sait pas qui les a signés. D’habitude, il y a toujours un nom qui leur est associé», avait déclaré à 20minutes.fr une enseignante parisienne quelques jours avant la Nuit des écoles.

>> Retrouvez notre dossier spécial sur cette rentrée scolaire 2008.

«C’est le cabinet de Xavier Darcos qui a élaboré la première mouture», croit savoir un syndicat, suggérant que certaines parties, comme l’enseignement de la morale, auraient été rédigées par l’Elysée. «Sur ce chapitre, on nous a fait comprendre que même l’Education n’avait pas son mot à dire», confie-t-il à 20minutes.fr.

Le ministère avait pourtant publié en février la liste des experts chargés de plancher sur ces programmes. Parmi eux, des membres de l’inspection générale, diverses personnalités et universitaires, dont la collaboration a duré «plusieurs mois».

Un délai jugé trop court par les syndicats, qui se souviennent des travaux «bien plus longs» de la Commission chargée de réformer les programmes du primaire en 2002, et présidée par le médiatique recteur Philippe Joutard. «Un vrai bilan des programmes de 1995 avait été fait», rappelle Stéphanie Valmaggia-Desmaison, déléguée nationale du 1er degré à l’Unsa.

Une réponse politique et idéologique au «pédagogisme» de Lang

Xavier Darcos est parti du constat que 15% des élèves étaient en échec scolaire à l’arrivée en sixième. «Ce chiffre ne peut pas tenir compte de la réforme de 2002, car les enfants arrivés à l’école cette année-là ont aujourd’hui 8 ans et sont donc au mieux en CE2», poursuit Stéphanie Valmaggia-Desmaison.

Le ministère ne se cache pas d’avoir voulu en finir avec les programmes de 2002, œuvre de «Jack Lang et Philippe Joutard, gardiens du temple du «pédagogisme» depuis vingt ans». Par «pédagogisme», entendre «privilégier l’envie d’apprendre de l’enfant avant toute chose». «Nous pensons qu’il faut maîtriser des savoirs de base fondamentaux pour avoir envie d’apprendre. C’est un choix politique», indique-t-on au cabinet du ministre.

C’est justement ce que Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp, reproche à «ces programmes, qui relèvent davantage d’un choix politique et idéologique que d’une véritable expertise menée auprès des élèves et des enseignants». «Ce n’est pas aux professeurs du primaire de faire les programmes», rétorque-t-on au ministère. Ni même aux experts, avait déclaré Xavier Darcos fin avril, affirmant que leur rédaction incombe d’abord au «politique».

Le ministre avait toutefois fait valoir que la version finale avait été élaborée à partir de 1.100 synthèses réalisées par les inspecteurs après la consultation de 380.000 enseignants en février.

«Certes, certaines remarques ont été prises en compte, notamment en ce qui concerne la grande section de maternelle. Mais la majorité des nombreuses critiques n’ont pas été retenues», déplore Gilles Moindrot.

«Résultat, renchérit Stéphanie Valmaggia-Desmaison, on casse tout ce qui avait été fait avec un large consensus en 2002 et on nous demande d’appliquer des méthodes qui ne marchent plus depuis des années.»

La méthode du ministère pour séduire les parents

«Toute réforme est vécue difficilement, surtout quand elle est d’ampleur», rétorque le ministère. Qui espère finir par séduire les parents en leur distribuant les programmes à la rentrée. Qui «sauront exactement ce que leur enfant est censé apprendre, ce qui n’est pas pour rassurer les enseignants», indique une source proche du dossier. L’annualisation de l’inspection susciterait également des craintes.

Autant de motifs de mécontentement que l’été ne suffira pas à apaiser. RentreeScolaire
Catherine FOURNIER
Cartes postales
Le collectif «Non aux mesures Darcos» avait demandé aux parents et enseignants d'envoyer des cartes postales à l’Elysée pour se rappeler au bon souvenir du ministre de l’Education, notamment le jour de son anniversaire, le 14 juillet.
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