TELEVISION - Qui sont les prétendants possibles à la succession de l'actuel patron de France Télévisions?
L’option 2010, fin officielle du mandat de l’actuel patron du service public Patrick de Carolis, semble bien improbable maintenant qu’il est en
conflit ouvert avec Nicolas Sarkozy. Sa nomination va t-elle intervenir mi-octobre, au moment du vote de la loi sur l’audiovisuel ? Ou plus tôt si Patrick de Carolis démissionnait?
Depuis quelques jours en tout cas, le petit jeu de l’univers impitoyable des médias consiste à citer des noms de prétendants à la présidence de France Télévisions, bientôt choisi par l’Elysée (après avis du CSA et si une majorité qualifiée du Parlement ne s’y oppose pas). Tour d'horizon des noms qui circulent...
Christopher Baldelli
L’actuel directeur des chaînes thématiques du groupe M6 (Paris Première, W9 et Téva) semble en position très favorable. A 43 ans,
Christopher Baldelli peut incarner l’esprit de renouveau cher à Nicolas Sarkozy (et en vogue dans les médias : à 35 ans, Alexandre Bompard vient de prendre la tête d’Europe 1).
Ce choix serait crédible d’un point de vue professionnel : Christopher Baldelli connaît la maison France Télévisions sur le bout des doigts : il y est entré en 1999 en tant que directeur général délégué de France 2. Puis a administré France Télévisions interactive, avant de prendre la direction de France 2 en juin 2002… jusque 2005, date de son arrivée à M6.
Christopher Baldelli connaît bien également les milieux politiques de droite, dans lesquels il a réalisé la première partie de sa carrière, avec diverses missions de conseil sur la presse et l’audiovisuel au sein de plusieurs ministères. De fait, il appartient au réseau du président de la République : en 1994, il a même été nommé «conseiller technique chargé de la presse écrite et du régime de la publicité» au cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget.
Ce CV qui cumule réseaux politiques et compétences professionnelles en fait un candidat très sérieux.
Hervé Chabalier, pas intéressé
Le nom du fondateur et actuel patron de l’agence Capa circule beaucoup.
Chabalier a montré son aptitude au compromis en participant et en défendant la Commission Copé sur « la nouvelle télévision publique».
Il possède une légitimité journalistique certaine, mais a aussi montré ses capacités de gestionnaire avec le succès de Capa, créée en 1989 et toujours dynamique dans la production de documentaires, mais aussi de fictions.
Cela dit, sa liberté de parole — il vient de se désolidariser de Nicolas Sarkozy sur la réforme de France Télévisions — n’est pas du goût de tous à l’Elysée. Joint par 20 Minutes, Hervé Chabalier se déclare «pas intéressé». «Ma priorité, c’est Capa, un grand label d’indépendance et de qualité. Et quand bien même la question se poserait, je n’irais sûrement pas dans un service public avec les orientations actuelles : les conditions d’indépendance et de financement pérenne de France Télévisions ne sont pas assurées. Je n’ai pas l’esprit kamikaze, je ne me lancerai pas là-dedans».
Simone Harari
Grande productrice française, également membre de la Commission Copé, la fondatrice de Télé Images est plutôt située à gauche. Déjà candidate lors de la dernière nomination du président de France Télévisions en juillet 2005,
Simone Harari aurait l’avantage, pour Nicolas Sarkozy, d’incarner un message d’ouverture. Simone Harari, comme Chabalier membre de la comission Copé, s’est en outre prononcée très tôt pour la suppression de la publicité sur le service public, jugeant le double financement Etat/publicité problématique. Mais c’est aussi une grande pourfendeuse du sous-financement du service public.
Jean-Marie Colombani
«L’Express» a cité son nom pour ce poste.
L’ancien directeur du Monde y a longtemps côtoyé Alain Minc, conseiller influent de Nicolas Sarkozy et inspirateur présumé de la fin de la pub sur France Télévisions. Cet homme de réseaux a lui-même été missionné par le chef de l’Etat pour lui remettre un rapport sur l’adoption, ce qui fut fait sans encombre en mai dernier.
Enfin, il possède une fine connaissance des médias audiovisuels. Il a même commencé sa carrière au début des années 70 à l’ORTF, tient actuellement une chronique sur France Inter et présentait cette saison « Faces à faces », émission d’interviews sur Public Sénat.
Raphaëlle Baillot