Le malus écologique devrait bientôt rapporter suffisamment à l'Etat pour éponger le coût du bonus. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a annoncé hier que les propriétaires de certains véhicules neufs devront s'acquitter d'un malus annuel à partir du 1er janvier 2009, en plus du malus à l'achat.
Ce sont les acquéreurs de voitures émettant plus de 250 grammes de CO2/km qui mettront la main au portefeuille. « Seuls les modèles les plus polluants parmi les polluants sont concernés », résume l'entourage de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie. En clair, sont visés les 4 x 4, ainsi que la plupart des monospaces et des grosses berlines. Les propriétaires de véhicules émettant entre 160 et 250 grammes de CO2/km continueront de ne payer qu'un malus à l'achat.
Le montant de la pénalité annuelle, qui était prévue par le Grenelle de l'environnement, n'est pas fixé. Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, il serait « nettement inférieur au malus à l'achat [entre 200 euros et 2 600 euros], c'est-à-dire autour de 10 % de ce montant ».
Les constructeurs automobiles français ont indiqué hier que la mesure « n'allait pas beaucoup les gêner ». Elle pourrait même les favoriser, puisqu'ils sont leaders sur le marché des voitures peu polluantes. Greenpeace a aussi salué l'annonce, tout en dénonçant un double jeu : « Sarkozy pousse l'Union européenne à adopter des règles moins sévères pour les émissions de CO2. »