CARCASSONNE - Interview du Colonel Benoît Royal, chef du Sirpa-terre...
Interview du Colonel Benoît Royal, chef du Sirpa-terre (Service d'informations de l'armée de terre)
Est-il admis de «viser la foule» lors de ce genre de démonstration?
Tout d’abord, les soldats ne «visaient pas la foule». La foule se trouvait derrière les cibles visées, dans le champ de tir. En situation de combat, il est évidemment interdit de pointer une arme chargée sur une foule. Mais en ce qui concerne les démonstrations, il n’est écrit nulle part qu’il est interdit de tirer en direction du public. En revanche, il est légitime de se demander s’il est judicieux que la foule se soit trouvée à cet endroit lors de l’exercice.
Comment le tireur a-t-il pu conserver les balles réelles, alors que les soldats doivent rendre leurs munitions après chaque entraînement?
Il faut savoir qu’une unité tire jusqu’à 500 cartouches pendant une séance de tir. Il est donc difficile, voir impossible de tout vérifier. Le système de contrôle n’est pas infaillible : il repose sur la responsabilité individuelle du soldat. Si l’un d’entre eux veut violer la loi, il peut le faire.
Les démonstrations ressemblent-elles aux entraînements des militaires?
Il faut bien distinguer la démonstration de dimanche, qui est un spectacle, du véritable entraînement. Mais elle montre dans les grandes lignes ce qu’est typiquement une mission d’extraction d’un otage ou de ressortissants à l’étranger à laquelle s’entraînent tous les régiments en France.
Un petit garçon de 3 ans a survécu malgré une blessure par balle au cœur? Comment est-ce possible?
On ne connaît pas la proportion des personnes qui ont été touchées par des éclats et celles touchées par des balles directes. Une chose est sûre c’est que si on est touché au cœur par un coup de fusil, on meurt sur le coup. On suppose donc qu’il y a eu beaucoup de blessures dues aux éclats.
La démission d’un chef d’Etat-major de l’armée de terre est-elle un événement rare?
Rarissime même. Il existe des précédents, mais il y en a très peu. Le général Lagarde a démissionné il y a une vingtaine d’années (en septembre 1980 dans un contexte de restrictions budgétaires, NDLR). Mais je répète, c’est extrêmement rare. Il doit y en avoir une, voire deux, par génération.
Kéthévane Gorjestani