EURO2008 – La Seleccion a condensé les meilleures réussites de ces dix dernières années…
Si l’Espagne est allé si loin, c’est parce qu’elle a enfin réussi à assembler tous les petits ingrédients qui font la gagne. La Roja a pioché dans les vainqueurs de ces dix dernières années de quoi se faire un profil de winner. Reste une différence de taille: une dernière victoire.
France 1998 – Les hommes de Luis Aragones, comme ceux d’Aimé Jacquet en leur temps, ont été sévèrement critiqués par la presse nationale. «Quand on est footballeur, on sait que ça fait partie du métier. Mais ces critiques-là ont permis au groupe de se souder face à l’extérieur», explique le défenseur Carles Puyol. De fait, les Espagnols ont su faire fi des critiques, et s’en servir pour souder l’effectif.
France 2000 – On n’avait pas vu un finaliste avec une telle qualité offensive depuis la victoire française à l’Euro 2000. Plus qu’un style, une tradition chez les Espagnols. «Son jeu de passes rapides et de combinaisons rôdées est impressionnant», a même loué Joachim Löw, le sélectionneur Allemand.
Brésil 2002 – Cette année-là, la Seleçao avait décroché la Coupe du Monde en battant… l’Allemagne. L’intégralité de l’effectif Auriverde jouait dans les plus grands clubs européens. Comme les Espagnols cette année. «Ils jouent tous la Ligue des Champions régulièrement, ils ne sentiront pas de pression particulière», poursuit Jogi Löw.
Grèce 2004 – Le vrai changement chez les Espagnols, c’est leur solidarité indéfectible. Le facteur n°1 de la victoire des Grecs lors de l’Euro 2004 s’est transmis à l’Espagne. Le fameux «esprit de Neustift». «On forme un vrai groupe», confie Carles Puyol, qui estime que Luis Aragones est «à 90% responsable de cet état d’esprit».
Italie 2006 – Les champions du monde en titre, sortis par l’Espagne en quart de finale, avait conquis le monde en sachant passer entre les gouttes. L’Espagne aussi a appris à souffrir. «C’est indispensable pour gagner ce genre de compétition», souligne Fernando Torres. De fait, les Ibères n’ont marqué qu’à la toute dernière seconde face à la Suède pour assurer leur qualification en quart de finale (2-1). Et ont pu compter sur Iker Casillas pour écarter la Squadra Azzura aux tirs au but (0-0, 4 tirs au but à 2).
Tous les ingrédients sont là. Et si le dosage est bon, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher l’Espagne de sortir l’Allemagne.
A Vienne, Antoine Maes