RUGBY - Clermont qui dispute samedi le Bouclier de Brennus au Stade Toulousain vit le poids de ses neuf finales malheureuses...
La dernière marche est toujours la plus haute. Ce n’est pas aux Clermontois qu’on va l’apprendre.
Les finales perdues sont devenues une partie de l’identité du club. Huit finales, autant de défaites, l’AS Clermont Auvergne (qui a succédé à l’AS Montferrand en 2004) a aussi hérité de sa malédiction.
Samedi, les hommes de Vern Cotter affrontent autant Toulouse qu’un siècle de dérobades avec ce maudit bout de bois. A Clermont, le Bouclier de Brennus est même devenu une obsession post-mortem, comme en sourit l’ancien talonneur, Philippe Marrocco. « Il y a le père d’un copain qui lui a demandé de placer un téléphone portable dans son cercueil: “Tu m’appelles le jour où on sera champion de France“».
Malheureux en finale de père en fils
Comme tout grand «Jaunard», Marroco a connu sa finale perdue. C’était en 1994, déjà contre le Stade Toulousain. «Je m’en souviens comme si c’était hier, il y a eu 5-6 grosses mêlées. On y a laissé des plumes et Toulouse a saisi sa chance: le ballon qui rebondit sur le tibia de N’Tamack, Cazalbou s’en saisit et marque en coin. Deylaud transforme, enquille un drop derrière, une pénalité. Et le match est plié», se remémore l’ancien international
. En 1999 et 2001, le Parc des Princes avait fait place au Stade de France, mais les Auvergnats buttés encore sur l’ogre toulousain. L’an dernier, c’est contre le Stade Français que Clermont avait chuté.
Un joueur plus qu’un autre, porte cette histoire en lui. Il s’agit d’Aurélien Rougerie,
fils de Jacques Rougerie, finaliste malheureux en 1970. L’ailier international a déjà fait mieux que le paternel avec ses campagnes inachevées de 2001 et 2007.
«une motivation supplémentaire»
Forte de sa première place en saison régulière, la génération 2008 veut faire de cet amour contrarié avec le Brennus une force. «Ces finales perdues, il ne faut pas que ça nous mette une pression supplémentaire, au contraire on doit s'en servir comme d'une motivation supplémentaire», positive Julien Bonnaire arrivé de Bourgoin l’été dernier. De toute façon, cette année, c’est la bonne, veut-on croire dans la capitale auvergnate. «Il y a tous les ingrédients pour qu’on gagne», assure Marocco.
Et si le sort et les Toulousains en décident autrement, le peuple clermontois accueillera ses héros malheureux comme il se doit. «Tout le monde sera déçu, bien sûr. Mais ils seront tous de retour pour le premier match de la saison prochaine», conclut Philippe Marocco.
Alexandre Pedro