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Malgré le tollé, le gouvernement défend son plan pour l’audiovisuel public

Une personne passe devant des écrans de télévision, au siège de Médiamétrie, le 27 juillet 2006 à Paris
Une personne passe devant des écrans de télévision, au siège de Médiamétrie, le 27 juillet 2006 à Paris/Bertrand Guay AFP/archives

TELEVISION - Le ministère de la Culture et de la Communication s'explique...

«Sabordage orchestré de l'audiovisuel public», «régression», «parfum de Ve République du début», «procédé digne de Berlusconi»: les réactions, cassantes, pleuvent après le discours de Nicolas Sarkozy sur le futur de la télévision publique (France2, France3, France4, France 5 et RFO).

A l’origine du tollé: la taxe sur les opérateurs téléphoniques et surtout, la nomination des chefs de France Télévisions et de Radio France par… l’Elysée. Comment ces médias resteront-ils indépendants alors?, s’alarme-t-on en coulisses. «Il y aura un double contrôle, du CSA et du Parlement», explique François Fillon pour qui, de toute façon, le système actuel de nomination du président de France Télévisions est «hypocrite» et n’a «jamais été indépendant et autonome».

SNCF, EDF, France Télévisions: même principe

Interrogé par 20minutes.fr, le ministère de la Culture et la Communication s’amuse: «Mais enfin, si vous me dites que Radio France se sarkozise, j’ai envie de rigoler!». Selon le cabinet de la ministre, la nomination des patrons de l’audiovisuel public, c’est «comme celle des présidents de la SNCF et d’EDF», également à la discrétion de l’Elysée. «La liberté de la presse est aussi importante dans la vie quotidienne des Français que la liberté de se déplacer en train ou la liberté de s’éclairer», lance le ministère.

Thierry la fronde, c’est Plus belle la vie

Autre point qui fait débat: les programmes. Nicolas Sarkozy a bien plaidé pour des «Thierry la Fronde du futur», mais à la rédaction de 20minutes.fr, on ne voyait pas trop à quoi cela pouvait ressembler. «C’est "Plus Belle la vie", une fiction française qui rassemble avec des personnages auxquels les gens s’identifient», tranche le cabinet de la ministre de la Culture.

>> Quels programmes voulez-vous sur la télé publique? Choisissez ici >>

Le rapport Copé préconise de diffuser des sports confidentiels, comme la pelote basque ou la voile. «Les sports de niche n’empêcheront pas Roland-Garros ou le Tour de France, rassure-t-on en haut lieu. Mais aujourd’hui, pour voir le tir à l’arc, il faut être abonné à Sport+. Or on veut que tous les Français puissent y avoir accès sans payer.»

Même topo pour les films d’auteur en provenance des pays en voie de développement, qui devraient être davantage programmés sur les chaînes publiques. «Actuellement, seuls les abonnés de Canal+ peuvent voir des films d’Amérique latine: on veut changer ça.» Même si l’audience n’est pas au rendez-vous? «L’audience, c’est un critère important. Mais la course à l’audimat, non. A la télé française, on doit pouvoir regarder ce qu’il n’y pas ailleurs.» Pourtant, la Société des réalisateurs français (SRF) redoute un «formatage des programmes accru» et la «désinvolture avec laquelle l’audiovisuel public est traité».

Et les émissions de divertissements?
Le rapport Copé demande des concepts franco-français. Dans l’hexagone, «on est capable de créer des émissions qui marchent bien comme Fort Boyard ou Taratata», justifie le ministère. Alors pas besoin de toujours adapter des «formats venus de l’étranger».

Mais tout cela devrait être précisé avec la «rédaction d’un cahier des charges» fait par le gouvernement. D’ici un mois. Car Nicolas Sarkozy a montré sa volonté de faire «cette réforme rapidement et ne pas laisser l’entreprise (France Télévisions, ndlr) entre deux eaux.»

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Alice Antheaume
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