Audiovisuel public: la presse dénonce le «retour de l'ORTF»

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Publié le 26 juin 2008.

REVUE DE PRESSE – Le plan de Nicolas Sarkozy pour relancer l'audiovisuel public ne fait pas l'unanimité...

Le plan de Nicolas Sarkozy pour relancer l'audiovisuel public ne fait pas l'unanimité, et c'est un euphémisme. L'annonce surprise de la nomination du président des chaînes publiques par l'Elysée cristallise la grogne de la presse, ce jeudi matin, qui dénonce, à l'exception notable du «Figaro» un «retour de l'ORTF».

«La gauche en rêvait, Sarkozy l'a fait (...) Ce principe simple, financement public (redevance et taxe) pour les chaînes publiques, financement privé (publicité) pour les chaînes privées, n'est ni de droite ni de gauche. C'est une règle de bon sens», se réjouit Etienne Mougeotte (ancien vice-président de TF1) dans «Le Figaro».

«Le fait du prince»


En revanche, pour Laurent Joffrin de «Libération», «l’hyperprésident place le secteur public sous son contrôle politique direct». «La France avait mis des décennies à se dégager imparfaitement d’une sujétion archaïque. Elle y revient d’un seul geste (...) Nous vivons une formidable régression», dénonce-t-il.

Même son de cloche dans «L'Humanité», où Claude Baudry déplore «le fait du prince». «En asséchant à petit feu le service public, apparaît crûment la volonté de le vider de son sens, de le laisser s'étioler tout en laissant croire qu'un audiovisuel public fort est nécessaire», estime-t-il.

«L'acte de décès de la télévision publique»

Dans «Sud-Ouest», Frank De Bondt dénonce lui aussi un «retour en arrière»: «La suppression de la publicité n'aura finalement servi que de paravent à une opération de beaucoup plus vaste envergure de reprise en main de la télévision publique par le pouvoir politique«.

Dans «La République des Pyrénées», Jean-Marcel Bouguereau juge pour sa part que ce projet revient à «dresser en pointillé l'acte de décès de la télévision publique». «Les inquiétudes ici sont légitimes, à plus forte raison lorsqu'on apprend que le futur patron de la holding sera nommé par l'exécutif, comme au pas très bon vieux temps de l'ORTF», affirme «Le Dauphiné Libéré» sous la plume de Didier Pobel.

Berlusconisation de Sarkozy?


«C'est bel et bien au retour de l'ORTF que l'on assiste. A quand la réapparition d'un ministre de l'Information?», ironise Patrick Fluckiger dans «L'Alsace». Même analyse dans «L'Indépendant du Midi» avec Bernard Revel: «On ne saurait mieux donner l'impression de vouloir contrôler ainsi les chaînes publiques comme au bon vieux temps de l'ORTF».

Deux éditorialistes vont même jusqu'à comparer Sarkozy à Berlusconi: «Silvio Berlusconi n'avait pas osé... Nicolas Sarkozy l'a fait», écrit ainsi Michel Lépinay dans «Paris-Normandie», tandis que Jacques Camus de «La République du Centre» remarque que le président aura été «guidé par l'exemple transalpin».

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