A 8 h du matin en semaine, ils ont déjà 2 grammes d'alcool par litre de sang. Ce scénario, certes encore rare, est en augmentation, chez les filles notamment. «Cela a commencé dans le milieu étudiant et s'est propagé au lycée puis au collège», note Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie.
Et vous, quelles solutions préconisez-vous pour lutter contre l'alcoolisme chez les jeunes? Dites-le nous, ci-dessous...
Entre les élèves qui cuvent en cours et ceux qui franchissent la grille en titubant, les profs sont désemparés. «Pour fêter la fin de l'année, la moitié de mes élèves sont arrivés complètement bourrés», raconte une prof de seconde d'un lycée public de l'Ouest francilien. C'était sa première année d'enseignement. «Les garçons étaient agressifs, les filles hystériques. Deux sont allées vomir aux toilettes.» Cette scène invraisemblable, plusieurs enseignants y ont été confrontés ces derniers mois. Vendredi, sept collégiennes de Tournefeuille, près de Toulouse, sont arrivées ivres à 10h. La semaine précédente, des sixièmes et quatrièmes de Brindas, près de Lyon, ont profité de l'absence d'un prof pour boire du rhum et du whisky.
Cette défonce à l'alcool, ou «binge drinking», est plus de l'inconscience que de la provocation envers l'institution. « Les jeunes ignorent que leur ivresse va se prolonger plus d'une heure ou deux. Ils ne contrôlent rien, ils veulent juste que ça les aide à se lâcher », explique Franck Moulius, animateur à l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. Claire, 15 ans, élève dans l'Eure, confirme le côté ludique de la chose: «Avec des amis on va souvent boire le mardi après-midi ou le midi entre deux cours, en moyenne huit bières. Parfois on est bourrés, c'est marrant.» Pour certains spécialistes, l'alcool devient un outil de communication chez des jeunes rompus aux SMS et à MSN qui n'ont plus l'habitude de se parler en face à face. A l'internat, ou pendant les voyages scolaires, le problème se pose. En Bretagne des élèves de sixième d'un collège rural ont récemment embarqué des bouteilles dans le car. De quoi inquiéter le ministère, qui s'active. Enfin.