Des barrières pas encore levées
0 commentairesAvec six morts en sept ans, le passage à niveau n° 3 (PN3) de la rue Saint-Roch atteint un triste record. Il est tout simplement l'un des plus meurtriers de France. Et c'est donc là, tout près de la caserne Niel, qu'a été menée hier une action de prévention auprès des automobilistes. Des médiateurs en gilets jaune fluo ont distribué tracts et conseils. Ils ont notamment expliqué que les barrières se casseraient facilement au cas où une voiture coincée sur les voies devrait les défoncer. « Après l'accident du bus scolaire d'Allinges, les gens sont particulièrement réceptifs », remarque Ludovic Gaté, chargé de mission pour Réseau ferré de France (RFF). Il vient d'indiquer à une conductrice l'emplacement du téléphone d'urgence. « C'est bon à savoir », lui a lancé cette habituée qui n'avait jamais remarqué l'appareil.
Cette campagne ponctuelle fait appel au civisme. Mais la solution idéale reste de supprimer le danger. En Haute-Garonne, il y a douze passages à niveau classés comme « préoccupants », dont quatre à Toulouse. « Mais les coûts sont lourds et les procédures administratives compliquées », note Stéphane Coursier, le directeur régional de la SNCF. Le PN3 accumule les difficultés : 6 000 voitures quotidiennes, des maisons de part et d'autre, un projet immobilier de 550 logements en perspective... Les membres du comité de quartier, ont calculé que les barrières restaient baissées trois-quarts d'heure en tout entre 7 h et 9 h. Ils préconisent l'interdiction de la rue aux camions et exigent « une réponse technique rapide ».
« Le projet de suppression avec passage en dénivelé en est au stade de l'esquisse mais dépassera les dix millions d'euros », explique Kim Régnier le directeur régional de RFF. « Ce chantier pourra être inséré dans celui de la gare multimodale prévue à Niel », assure Bernard Marquié (PC), adjoint au maire en charge de la Mobilité. L'élu recense « une dizaine » de passages à traiter et regrette « le peu d'enthousiasme de l'Etat à financer ». Il a demandé à ses services de faire une étude sur le sujet pour « dégager des réserves foncières et préparer l'avenir ». Hélène Ménal