Pour que des problèmes psychologiques ne s'ajoutent pas aux difficultés du quotidien, le pôle réfugiés de l'association Parole sans frontière propose des consultations psychothérapeutiques aux demandeurs d'asiles et aux réfugiés politiques. Il dispose pour cela d'un nouveau local, inauguré ce week-end face à la place des Halles. Son principe : offrir « un espace d'écoute non médicalisé, explique Virginie Lefeuvre, psychologue clinicienne. Il faut que les familles disposent d'un cadre neutre favorisant la prise de parole. »
Les consultations se déroulent en présence d'un traducteur spécialisé dans la langue maternelle des personnes. « Il ne s'agit pas de techniciens qui traduisent mot à mot, souligne Virginie Lefeuvre. Leur travail est plus complexe. » Ils doivent transmettre « les émotions dont débordent les patients », originaires principalement des Balkans et d'Afrique. « Nous sommes dans l'urgence vitale, précise Virginie Lefeuvre. Les patients ont des parcours traumatisants », emplis des douleurs de l'exil et, pour certains, de tortures subis dans leur pays d'origine. « Mais aussi de la violence de l'accueil en France, déplore la psychologue. A Strasbourg, il y a aujourd'hui des Tchétchènes, avec leurs enfants, qui vivent dans la rue. C'est inadmissible et peu glorieux pour la ville. » Membre du Réseau d'accueil psychologique des familles immigrées et réfugiées (Respire), l'association finance ses activités grâce à des fonds européens et publics. Problème : l'Etat vient d'annoncer qu'il ne lui renouvellera pas ses subventions. Elle espère donc que les collectivités locales et territoriales prendront le relais.