REACTIONS - Alors que le directeur de l'Assurance maladie doit présenter un nouveau plan de redressement de 3,2 milliards d'euros...
Eric Woerth a eu beau assurer qu'«il n'y aura aucune remise en cause du remboursement à 100% des affections longue durée» (ALD),
l'information selon laquelle un nouveau plan d'économie passerait par une réduction de leur taux de prise en charge fait bondir syndicats et opposition ce mardi.
La CFTC a qualifié de «scandale» cette proposition du directeur de la caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), y voyant une remise en cause du principe de «solidarité». «La hausse du prix des mutuelles qui en résultera provoquera une nouvelle baisse du pouvoir d'achat des ménages réduisant à néant les diverses mesures prises par le gouvernement et sur lesquelles il communique largement actuellement», prédit le syndicat. «Comme lors de l’instauration des forfaits, on fait peser sur les assurés sociaux les mesures d’économies, sans que la même rigueur soit appliquée aux autres acteurs du système», déplore-t-il.
La CFE-CGC a estimé quant à elle que ces propositions d'économies constituaient «une étape supplémentaire» du désengagement de l'Etat de la Sécurité sociale, menée «sans aucun débat». «Les fondements de la Sécurité sociale selon lesquels chacun contribue en fonction de ses moyens et en bénéficie en fonction de ses besoins sont en train d'être remis en cause», s'est inquiété le président du syndicat.
«Logique anti-sociale des franchises médicales»
Le PS a pour sa part dénoncé «une logique de déremboursements massifs». «Les franchises médicales imposées le 1er janvier dernier étaient bien un préambule au démantèlement de notre système de santé», estiment le parti.
Pour la CGT, «si ces annonces devaient se traduire en mesures concrètes, elles auraient des conséquences assurément néfastes pour les malades atteints de pathologies lourdes» et «s’inscrivent dans la logique anti-sociale des franchises médicales qui imposent à des malades de payer plus cher leur santé pour financer la recherche pour d’autres malades». Le syndicat y voit «un écho aux propos de la ministre de la Santé qui avait évoqué l’idée de transférer aux complémentaires le remboursement de l’optique».
Avec agence