FAIT-DIVERS - Ils ont été libérés dans la nuit de mardi à mercredi...
Les cinq mineurs «âgés de 14 ans et demi à presque 18 ans» interpellés après
l'agression d'un adolescent de confession juive samedi à Paris, ont été placés sous le statut de témoins assistés mercredi. Ils ont été libérés dans la nuit de mardi à mercredi,
selon Reuters.
Le statut de témoin assisté, à mi-chemin entre simple témoin et mise en examen, signifie que la justice ne dispose pas de suffisamment d'éléments pour imputer l'infraction aux jeunes gens, mais que leur participation aux faits est probable. Ce statut leur donne droit à un avocat et donc à l’accès au dossier d'instruction. En revanche, le juge d’instruction peut à tout moment décider de les mettre en examen si de nouveaux éléments le justifient.
Une information judiciaire a été ouverte mardi pour
«tentative de meurtre aggravée par le caractère antisémite» de l'agression et «violences en réunion avec circonstances aggravantes», a annoncé le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin. Mardi soir, l'adolescent, sorti du coma mais toujours hospitalisé, n’avait pas encore été entendu par la police. Les enquêteurs cherchent toujours à déterminer les raisons de cet acte, déjà qualifié d’antisémite par plusieurs organisations.
«Une série d'affrontements de type communautaire entre bandes»
Dans l'après-midi de samedi, plusieurs rixes avaient opposé des jeunes maghrébins et noirs à de jeunes juifs. La bagarre au cours de laquelle Rudy a été blessé est, selon Jean-Claude Marin, l'épilogue d'une «série d'affrontements de
type communautaire entre bandes» qui ont émaillé cette journée.
Il a ajouté que cette agression s'inscrivait dans des affrontements entre groupes rivaux avec un «antisémitisme par incidence», relevant que «pour la première fois
ces luttes communautaires atteignent un point tout à fait inhabituel». «De manière assez primaire, on a une sorte d'identification à une communauté présupposée africaine ou noire d'un côté, à une communauté juive de l'autre», a déclaré le
procureur de la République de Paris, ajoutant qu'il y avait eu des insultes racistes et antisémites, ce qui explique la qualification de «caractère antisémite.»
Deux rixes ont précédé l'agression du jeune Rudy
Il y aurait eu trois épisodes de violences samedi. Un premier vers 16h30, où un jeune homme aurait été attaqué. Il aurait perdu sa chaîne dans la bagarre et serait retourné la chercher une demi-heure plus tard avec trois amis. Une nouvelle altercation a alors eu lieu, et deux jeunes ont été blessés. Ils ont décidé de porter plainte.
L’agression de Rudy a eu lieu lors d’un troisième affrontement vers 19h30. Il aurait été isolé de son groupe, la bande rivale en profitant pour le rouer de coups. Les témoins parlent de «lynchage», et affirment que certains jeunes lui ont «sauté dessus à pieds joints».
S. ORTOLA / 20 MINUTES ¦ Rassemblement de la commmunauté après l'agression d'un jeune juif aux abords de la synagogue de la rue Petit.
Les auteurs de la deuxième agression encourent jusqu’à dix ans de réclusion, et ceux de l’agression de Rudy encourent la réclusion criminelle à perpetuité.
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Kéthévane Gorjestani