La direction « ne savait rien » du fichage ethnique

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Publié le 24 juin 2008.

Ils assurent qu'ils ne se doutaient de rien. Les deux anciens responsables de Daytona, une entreprise jugée hier à Nanterre (92) pour le « fichage ethnique » de ses employés, ont nié hier avoir eu connaissance des documents qui pourraient les mettre en cause : à savoir, un fichier informatique classant les hôtesses d'accueil selon leur origine, ainsi qu'une plaquette préconisant l'embauche de personnel « pure white ». A la barre, l'ex-directeur général et son épouse, ancienne directrice du « département hôtesses », ont renvoyé la balle vers des subordonnés qui n'ont pourtant pas été inculpés.

L'ancien directeur de Daytona a admis que certains clients pouvaient se plaindre du nombre d'hôtesses d'origine étrangère. « Mais ce n'est pas une politique générale du client, a-t-il précisé. C'est tel chef de rayon de tel point de vente qui va demander. » La réponse de Daytona, assure le prévenu, ne varie pas. « On envoyait quand même des hôtesses d'origine étrangère. Elles étaient compétentes, donc on n'a jamais eu de réclamations ». Les plaignants, SOS Racisme et la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme, ont réclamé 100 000 euros de dommages et intérêts. Le jugement a été mis en délibéré.

Stéphane Colineau - ©2008 20 minutes
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