Le petit village arabe qui a aperçu Carla

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Publié le 24 juin 2008.

REPORTAGE - Sous un soleil brûlant, agglutinés derrière des barrières, des habitants d'Abou Ghoch attendent avec l'espoir d'apercevoir Nicolas Sarkozy mais surtout son épouse Carla. "On a entendu qu'elle était très belle", sourit Youssef Khaled.

Sous un soleil brûlant, agglutinés derrière des barrières, des habitants d'Abou Ghoch attendent avec l'espoir d'apercevoir Nicolas Sarkozy mais surtout son épouse Carla. «On a entendu qu'elle était très belle», sourit Youssef Khaled.


Fou de Carla

Le couple présidentiel, costume sombre pour lui et tailleur-pantalon bleu marine pour elle, est venu dans ce petit village arabe israélien, à 15 minutes à l'est de Jérusalem, pour déjeuner dans le monastère bénédictin, bâti lors des croisades et appartenant à la France.

Ils étaient accompagnés de plusieurs célébrités du monde du spectacle comme le présentateur Arthur, le chanteur Enrico Macias ou encore la star des nuits parisiennes Régine.


Barbara Bush

Mais pour les habitants d'Abou Ghoch, le coup d'oeil sera rapide. Le cortège de voitures blindées arrive, des applaudissements éclatent. Les véhicules s'arrêtent devant la grille du monastère et les invités se faufilent rapidement pour aller se restaurer.

Dans une école, des enfants et leurs institutrices pressent leur visage entre les barreaux d'une grille pour voir ce qui se passe.

Applaudissements

«On n'a pas vu grand chose mais c'est une visite super pour la ville», s'exclame Youssef. «Tout le monde veut le voir. Lui et sa femme sont très célèbres».

Un petit sourire en coin, il avoue: «En fait je suis surtout venir pour voir Carla». Car en Israël, Carla Bruni et ses tenues vestimentaires font plus les gros titres que son mari. «Fou de Carla», titrait lundi le journal le plus vendu, le Yediot Aharonot, en publiant dix photos de Mme Bruni-Sarkozy sur une double page.

Signe de l'intérêt porté par les Israéliens à l'ancienne mannequin, une manchette du journal indiquait: «La femme du président français est arrivée hier en Israël. Son mari est aussi venu en visite».


Visite privée

Nidal Abou Ghosh, accoudé à une barrière, n'est pas trop impressionné. «Oh vous savez, nous avons vu beaucoup de monde ici. L'épouse de George W. Bush, des présidents allemands...»

Pour les journalistes présents aussi à Abou Ghoch, la pêche sera maigre. «Visite privée», leur oppose-t-on.

«Il s'agit d'une visite strictement privée. Le président veut avoir un moment convivial, ne pas être sous la pression des journalistes», indique le père Louis Marie, prieur du monastère.

«Cette visite chez nous revêt également un aspect symbolique», se borne à dire le père dans sa robe beige, dans le jardin verdoyant du monastère, sur lequel flotte un drapeau français.


Arthur, Régine, Enrico

Quel sera le menu du déjeuner? «Je me suis engagé à ne rien dire», répond laconiquement le père.

Pour Abdelatif al Tilbani, un propriétaire de restaurant à deux pas du monastère, la venue du président français au contraire l'ennuie. «Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse», peste-t-il, assis à une table. «Ca ne va rien m'apporter. Au contraire, la police a fermé les rues! Regardez, mon restaurant est vide».

Le déjeuner fini, le convoi repart en trombe vers Jérusalem et Carla Bruni-Sarkozy, derrière la fenêtre fumée de sa voiture, fait un signe de la main.

© 2008 AFP
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