JUSTICE - Le verdict est tombé ce mercredi après-midi...
La cour d'assises de Seine-et-Marne a condamné ce mercredi Patrick Gateau à la réclusion à perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté, et Serge Mathey à 30 ans de réclusion, dont 16 ans de sûreté, pour l'assassinat de Nelly Crémel,
tuée en 2005 dans un bois près de Reuil-en-Brie. Si le tribunal a suivi les réquisitions du procureur concernant Patrick Gateau, il s'est montré plus clément avec Serge Mahey, à l'encontre duquel la perpétuite avait également été requise.
Les trois membres de la famille Mirat, à qui Mathey s'était confié dès le lendemain de l'assassinat, et qui comparaissaient pour non-dénonciation de crime, ont été condamnés à huit et trois mois de prison avec sursis.
Dans la matinée, la Cour d’assises avait une dernière fois donné la parole aux accusés. Serge Mathey, 28 ans, accusé d’avoir tué et frappé Nelly Crémel : «J’ai un message pour Melle Crémel et Monsieur Crémel. Quoi que je dise, ça n’atténuera pas votre peine. J’ai agi avec une grande lâcheté, mais j’ai dû agir sous les menaces… Je regrette sincèrement. Ca fait maintenant trois ans que je suis rongé par les remords. Et je ressentirai ça toute ma vie.»
«Merci pour ce débat mené avec sérénité»
Patrick Gateau, 51 ans, accusé d’avoir fourni les armes et orchestré l’assassinat, s’est d’abord adressé à la famille Crémel: «Je ne vous demanderai pas de me demander pardon car je suis impardonnable. Je ne se suis pas insensible, mais c’est ma nature d’être comme ça. Pendant tout le procès, on a dit beaucoup de tort sur moi-même. J’ai beaucoup de responsabilités mais je n’ai jamais fait de mal à votre épouse. Maintenant, ce monsieur (en désignant Serge Mathey), pour ne pas dire ce guignol, il a même pas eu le courage de reconnaître. Si je pouvais vous donner ma vie pour vous rendre celle de votre femme, je le ferai sans hésiter.»
Il s’est ensuite adressé au président de la cour d’assises: «Merci pour ce débat mené avec sérénité. Et pourtant, je ne voulais pas venir à ce procès. Je veux être condamné pour la juste valeur de ce que j’ai fait et pas sur ce qui a été dit, pas sur le concours de popularité répandu dans la presse et par le président de la République, ministre de l’Intérieur à l’époque des faits.»
Carole Bianchi