DEFENSE - Jausiers, dans les Alpes, la caserne a fermé dans les années 90... Bilan: des bâtiments en ruine, un site toujours pollué, des problèmes de sécurité...
Jausiers, (Alpes-de-Haute-Provence, 1.000 habitants) s'est finalement remis du départ de sa caserne vers la ville voisine de Barcelonnette, au début des années 90. Pourtant, une trentaine de familles ont quitté le village. «Nous avons eu des craintes, mais le boulanger et le boucher ont trouvé des repreneurs. Seul le magasin de souvenirs a fermé», explique Lucien Gilly, le maire de la ville.
«De l'amiante dans les bâtiments, du métal dans le sol»
Mais sur le plan environnemental, c'est une autre affaire. «Les bâtiments sont à l'abandon, ils sont squattés, des gens y vont pour prendre tout ce qui est possible», raconte Lucien Gilly, qui souligne les «problèmes de sécurité» que pose le site. Sans compter la «dépollution du site: il y a de l'amiante dans les bâtiments, du métal dans le sol...»
Au moment du départ de la caserne, la ville de Jausiers a demandé à l'armée de laisser le terrain à la commune. Mais l'Etat a confié la gestion du terrain à la Mission pour la réalisation des actifs immobiliers de l'armée. «Ils nous proposent des tarifs énormes: 900.000 euros. Et quant à la dépollution du site, c'est quasiment autant que le prix du terrain.» Ce qui fait dire au maire qu'à Jausiers «il vaut mieux être une bête qu'un homme».
Emile Josselin