La future carte militaire suscite des inquiétudes

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Publié le 17 juin 2008.

DEFENSE - Une trentaine de casernes sont menacées de fermeture...

La future carte militaire ne sera dévoilée que le 3 juillet, mais une trentaine de communes sont menacées par la fermeture de leur caserne. Témoignages.

Anita Prinz, patronne de la Brasserie de la Poste à Bitche (Moselle)
«Bien sûr qu’on est inquiet, les militaires représentent 10% de la clientèle, mais bon on s’y attend. C’est sûr qu’il y aura des conséquences si la caserne ferme. Il faudra s’adapter. On attend la décision finale, on verra après.»

Olivier Homand, gérant du bar-tabac Le Marigny à Luneville (Moselle)
«Cette ville est déjà sinistrée alors la fermeture, tout le monde en parle, mais personne n’a d’espoir. On n’a pas le choix, on va subir mais il faudra s’adapter. En tant que fournisseur de tabac, les militaires, c’est 15% de la clientèle donc ce n’est pas dramatique, mais ça va faire très mal à la ville. 900 soldats et 2.500 personnes en moins sur une ville de 20.000 habitants c’est déjà beaucoup. Cette fermeture risque de toucher les écoles, les commerces, l’immobilier…»

Paulo Cardoso, employé au Bar de l’aviation à Chaumont (Haute-Marne)
«Notre clientèle, c’est pas trop les militaires, mais perdre 1.000 militaires c’est pas bon pour la ville en général, la preuve, tout le monde ne parle que de ça. Et puis on perdait déjà des habitants tous les ans donc ça ne va pas s’arranger. Ce sont surtout les petits villages aux alentours qui vont déguster, les zones pavillonnaires: les gens vont partir. Si un jour ils ferment l’Ecole de gendarmerie alors Chaumont deviendra une ville morte. Mais on compte sur notre maire, Luc Chatel, on espère qu’il va utiliser sa position proche de Sarkozy pour éviter que la caserne ferme.»

Dominique Boulenger, responsable du Montana à Château-Chinon (Nièvre)
«Les militaires sont partis il y a une dizaine d’années, mais il reste environ 70 personnes qui travaillent dans la caserne, plus leur famille. Ca va faire beaucoup quand même s’ils partent. Il y a eu une manifestation il y a un mois environ: tous les commerçants ont baissé leur rideau pendant une heure et un cortège a défilé dans les rues. Mon chiffre d’affaires va être directement touché, ce sont des gens qu’on voit presque tous les jours dans l’établissement.»

Jennifer Greffier, employée au Bar de la Place à Dieuze (Moselle)
«Avec la fermeture de la caserne, c’est surtout par rapport au financement de la ville qu’il va y avoir des pertes énormes. Mais c’est aussi entre 800 et 1.000 personnes, les militaires et leur famille, qui vont partir. Ca fait un mois et demi que tout le monde ne parle plus que de ça, les gens ne parlent même pas de foot!»

Kéthévane Gorjestani
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