Shara Worden, alias My Brightest Diamond, a une façon bien à elle de composer d'inoubliables chansons comme autant de petites symphonies. Des mélodies étranges et douces réunies dans A Thousand Shark's Teeth, un album qui a demandé six ans de travail à la jolie chanteuse américaine, également à la tête d'un quatuor à cordes classique : « Marier les choses se fait toujours dans la douleur, ce n'est jamais facile. Mais il faut le faire. Je ne peux me passer ni de la douceur des violons, ni de l'explosivité des guitares. »
Pendant ses six années de gestation, Shara Worden a aussi partagé la scène avec le chanteur folk Sufjan Stevens. Dans son sillage, la chanteuse commence à sortir de l'anonymat indie aux Etats-Unis. Un petit exploit quand on observe ses influences : « Ravel et Debussy ont beaucoup d'ascendant sur mon travail. Les impressionnistes également. J'apprécie leur sens du minimalisme, l'attention qu'ils portent au ressenti, à l'atmosphère. Par contre, je ne partage pas les priorités de Wagner et je ne me crois pas capable de jouer de la country. » Outrageusement à contre-courant des musiques actuelles, Shara Worden navigue sur les eaux limpides de la pop intime. « Le disque est très acoustique, comme si je sortais de ma chambre pour faire écouter mes chansons à des amis. La musique est une expérience très privée. La relation que l'on entretient avec sa voix est la même que celle avec son image dans le miroir. »