Il y a un malentendu. Julien Doré est tout le contraire d'un cynique. Ses reprises iconoclastes et gonflées, de Sabine Paturel à Alizée, lors de son sacre à la « Nouvelle Star », son look de dandy bobo, ses tatouages, sa belle gueule, sa barrette... Beaucoup d'étiquettes pour un jeune chanteur. Son premier album, Ersatz, les arrache toutes. Julien Doré est un habile compositeur : touchant, amusant, inventif... « J'ai voulu cet album comme un cabinet de curiosités, comme une balade romantique dans un musée. J'aime quand les choses n'ont pas le même goût tout le temps. » Fier, à juste titre, de ses chansons, Julien Doré espère que son image médiatique ne leur nuira pas : « Je veux laisser libre cours à l'album, ne pas lui bouffer l'oxygène. »
Riche d'ambiances et d'histoires émouvantes, Ersatz révèle un auteur sincère. « J'ai utilisé le cynisme à certains moments où ma pudeur était heurtée. Cette fois, j'ai choisi de montrer mon intimité. Je veux être en première ligne. » Le soldat Doré charge au coeur avec d'authentiques ballades mélos, dont les bouleversants Acacia et Les Bords de mer : « Il n'y a rien de pire que le postmodernisme, les doctrines cyniques du " On ne peut plus être innovant ! ", où tout est dans l'attitude. Je n'ai pas envie d'être un chanteur de décoration. »