EURO2008 – En battant l’Allemagne (2-1), la Croatie s’est trouvé une héritière à l’équipe qui avait fait trembler la France en demi-finale de la Coupe du Monde, il y a dix ans…
Le chiffre anniversaire tombe rond, et l’équipe y ressemble à s’y méprendre. Il y a dix ans, la Croatie se révélait au monde en prenant la 3e place de la Coupe du Monde 1998. Pourtant, la comparaison n’est pas si simple.
Le style Pour atteindre les demi-finales du Mondial, la formation alors entraînée par Miroslav Blazevic avait forcé le trait des méthodes «yougos». Rudesse en défense (Bilic), technique au milieu (Asanovic, Boban), et malice devant (Suker).
Cette année, les caractéristiques sont les mêmes. L’arrière-garde actuelle, autour de Robert Kovac, est même un poil plus expérimentée que sa devancière. Dans l’entrejeu,
Luka Modric est le digne successeur de l’ancien meneur de jeu du Milan AC. En attaque, Olic fait le boulot, mais est sûrement moins fort que pouvait l’être Davor Suker. «Je n’aime pas trop parler du passé, mais ce qui unit vraiment ces deux équipes, c’est leur qualité technique», admet
Bilic, devenu sélectionneur.
Le parcours En 1998 aussi, la Croatie avait battu l’Allemagne. Mais c’était en quart de finale (3-0), et pas en phase de poule. Les Croates avaient d’ailleurs terminé 2es du Groupe H, derrière l’Argentine.
Et s’ils ne mettent pas tout par terre contre les Polonais, lundi, au
Worthersee Stadion de Klagenfurt, les coéquipiers de Luka Modric devraient en toute logique terminer premiers de leur groupe. Si le mot logique peut s’appliquer au football en général et à la Croatie en particulier … «Pour les quarts, je pense que la République tchèque serait un bon adversaire», a même expliqué le maître à jouer croate.
L’entraîneur Là aussi, comparer, c’est compliqué. Il y a dix ans, Miroslav Blazevic (73 ans) était un entraîneur débonnaire qui s’affichait sur le banc avec un képi du gendarme Nivel, tabassé par des hooligans allemands à Lens. Malicieux et disponible, l’ancien entraîneur de Nantes s’était rendu très populaire, mais n’était pas très proche de ses joueurs. Et ne se levait que rarement de son banc. Un peu l’inverse de Slaven Bilic (40 ans).
L’ancien défenseur croate, parfois cassant avec les médias, est resté un joueur dans l’âme. Il est adoré de ses joueurs, et particulièrement expansif sur la touche, comme le prouve ses accrochages répétés avec le 4e arbitre français du match contre l’Allemagne, Stéphane Lannoy. «Sur le banc, j’ai besoin d’être actif. J’ai besoin d’être le plus prêt possible de la ligne, pour conseiller et encourager mes joueurs» explique Bilic.
A Klagenfurt, Antoine Maes